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4 films historiques pour changer d’époque et oublier la nôtre

Posté par Alexis Lebrun le 19 mars 2021
Ça y est, le confinement est officiellement de retour. Mais rassurez-vous, pour tromper l’ennui de ce nouveau printemps déprimant, CANAL+ met à votre disposition comme chaque mois une sélection de films basés sur des histoires vraies. L’occasion de se changer les idées et de réaliser aussi qu’il n’y a pas forcément de quoi être nostalgique du passé.
Nous sommes en guerre

Si vous en avez marre de la « guerre » contre le Covid-19 depuis un an, plusieurs films disponibles ce mois-ci vous offrent la possibilité de vous replonger dans celle dont les événements tragiques et les protagonistes continuent d’inspirer plus qu’aucune autre le septième art depuis plus de 80 ans : la Seconde Guerre mondiale. Commençons donc avec un long-métrage qui a été l’un des jolis petits succès de l’année 2020 dans les salles de cinéma, en mélangeant thriller et biopic autour du « Petit Père des Peuples » : L’OMBRE DE STALINE (Agnieszka Holland, 2020). Ce film polonais raconte l’histoire du journaliste britannique Gareth Jones (James Norton), qui se met en tête d’interviewer Staline, après avoir déjà réussi à décrocher un entretien avec Adolf Hitler. Il prend donc la route de Moscou, mais lorsqu’il arrive sur place, la réalité qu’il découvre est loin d’être conforme à l’image renvoyée par l’URSS à l'extérieur de ses frontières.

Pour ne rien arranger, il est soudainement lâché par ses contacts sur place, et il fait l’objet d’une surveillance très inquiétante. Il parvient tout de même à prendre la direction de l’Ukraine, où un drame de grande ampleur est caché par le régime soviétique, et pour cause : ce dernier affame la population ukrainienne avec une famine qui fait des millions de morts, c’est l’effroyable « Holodomor ». L’OMBRE DE STALINE est une très belle surprise, et un film d’utilité publique dans la mesure où l’Holomodor est peu connu car son existence a longtemps été niée. James Norton crève l’écran, superbement secondé par l’étoile montante Vanessa Kirby, tout juste nommée à l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans le très beau PIECES OF A WOMAN (Kornél Mundruczó, 2021).

On continue dans la même veine, car si vous aimez les thrillers historiques stressants, le film norvégien THE SPY (Jens Jønsson, 2020) est probablement fait pour vous. Son personnage principal est en effet l’actrice Sonja Wigert (née en 1913), une star du cinéma scandinave de l’époque, dont les talents sont mis à profit à la fois par les occupants nazis et par la Résistance norvégienne, qui souhaitent qu’elle devienne espionne pour eux. Elle devient donc un agent double, une situation d’autant plus dangereuse que son père a été arrêté par les nazis en raison de ses accointances avec la Résistance, et que le dirigeant local du Troisième Reich Josef Terboven se prend de passion pour elle et tente de la séduire.

En plus de raconter une histoire méconnue et captivante de la Seconde Guerre mondiale, THE SPY a aussi le grand mérite d’offrir un rôle principal dramatique à l’actrice norvégienne Ingrid Bolsø Berdal, surtout connue pour avoir incarné entre 2016 et 2018 l’incroyable robot Armistice dans la série sci-fi WESTWORLD de Jonathan Nolan et Lisa Joy (OCS). Et le public français reconnaîtra aussi l’acteur belge Damien Chapelle dans l’un des rôles principaux, lui qui vient de jouer avec Vincent Lacoste dans MES JOURS DE GLOIRE (Antoine de Bary, 2020).

Après la Norvège, direction maintenant la France occupée avec JE NE RÊVE QUE DE VOUS (Laurent Heynemann, 2020), qui revient sur l’histoire d’amour entre Léon Blum et Jeanne Reichenbach. Cette dernière est une femme juive amoureuse de longue date du dirigeant socialiste, tant et si bien qu’elle refuse de fuir à l’étranger avec son fils et son mari. Après l’arrestation et le jugement expéditif de Léon Blum par les collabos de Vichy, Jeanne décide de le suivre partout où il est détenu, y compris dans ce qui ressemble alors fort à un voyage sans retour possible : le camp de concentration de Buchenwald.

Et même si tout cela est basé sur une histoire vraie, on évitera ici de raconter la suite pour vous laisser découvrir ce film historique où Elsa Zylberstein et Hippolyte Girardot sont irréprochables dans les rôles principaux, comme la reconstitution de la période très sombre de l’Occupation. Et le reste du casting (Philippe Torreton en Pierre Laval, Jérôme Deschamps en Georges Mandel…) est à l’avenant, notamment Emilie Dequenne, tout juste récompensée du César de la Meilleure actrice dans un second rôle pour LES CHOSES QU'ON DIT, LES CHOSES QU'ON FAIT (Emmanuel Mouret, 2020), et qui incarne ici un personnage central mais méconnu de cette histoire : Renée Blum, belle-fille de Léon Blum.

Erreur judiciaire

Enfin, si la Seconde Guerre mondiale n’est pas votre tasse de thé et que vous préférez les histoires sordides de tueurs en série, le film LE COUPABLE IDEAL (Mikael Hafstrom, 2020) devrait vous évoquer quelque chose, puisqu’il retrace l’enquête journalistique qui a mené à la découverte de l’une des erreurs judiciaires les plus spectaculaires de l’histoire récente. Ce long-métrage suédois s’attaque en effet à l’affaire « Thomas Quick », nom adopté par celui qui a été considéré pendant plusieurs décennies comme le responsable de dizaines de meurtres atroces commis dans les pays scandinaves. Après avoir fait ses aveux, il est condamné par la justice, malgré l’absence de preuves.

En 2008, les journalistes Hannes Rastam et Jenny Küttim décident donc d’enquêter sur cette histoire bourrée d’incohérences, et découvrent des éléments qui mèneront à la libération du coupable idéal parfois nommé le « Hannibel Lecter suédois », car considéré aussi comme cannibale. Celui qui s’appelle en réalité Sture Bergwall aura passé vingt ans interné dans un hôpital psychiatrique pour ses prétendus crimes. Même si on connait déjà la fin, l’enquête des deux journalistes suédois se prête parfaitement à ce thriller haletant, qui révèle au passage un scandale d’Etat retentissant… Pas l’idéal pour se détendre, mais il y a au moins un happy ending. Par les temps qui courent, c’est toujours bon à prendre, non ?

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