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Avec Adults in the Room, le cinéma de Costa-Gavras reste politique

Posté par Rosario Ligammari le 30 juillet 2020
Sept ans après Le Capital, Costa-Gavras s'intéresse à nouveau au monde sans foi ni loi de la finance avec Adults in the Room. Dans ce nouveau film, le réalisateur traite de la crise économique qui frappe la Grèce depuis dix ans. Il prouve si besoin était qu'à quatre-vingt-six ans, il est resté le même cinéaste engagé politiquement.
Le thriller politique

Dans les années 60, le cinéma politique explose ; des réalisateurs comme Peter Watkins, Francesco Rosi ou Nagisa Oshima s'imposent. Costa-Gavras, cinéaste franco-grec, en est l'un des représentants dans l'hexagone, si ce n'est le symbole. De toutes façons, le réalisateur estime qu'en tant que vision du monde, le cinéma est politique par définition, reprenant ainsi le fameux slogan de Mai 68 selon lequel « tout est politique ».

Notamment avec son film Z (sorti justement en 1968), un genre hybride naît ; un genre qui dénonce les scandales politiques à travers la forme cinématographique de l'enquête policière. Ce genre, c'est le thriller politique. Depuis, des Hommes du Présidents (Alan J. Pakula, 1976) aux Pleins Pouvoirs (Clint Eastwood, 1997) de President's Last Bang (Im Sang-soo, 2005) à Il Divo (Paolo Sorrentino, 2009) en passant par El Reino (Rodrigo Sorrogoyen, 2018), le thriller politique est un véritable genre en soi.

Costa-Gavras, un cinéaste politiquement incorrect

Certes engagé à gauche, Costa-Gavras a toujours été avant tout en quête de liberté, convenant que celle-ci n'appartient pas à un camp politique spécifique. Pour résumer ses films, disons qu'ils portent souvent sur la lutte entre un individu et un système ou bien, plus exactement, entre un homme du peuple et une hiérarchie souvent corrompue.

En partant de l’assassinat du député communiste Grigoris Lambrakis, son film Z démontre comment les institutions grecques ont tenté d'en camoufler les preuves. Dans L'Aveu (1970), un haut responsable politique tchécoslovaque est torturé parce qu'il serait un traître à l'Union soviétique en étant au service de l'impérialisme américain. Missing (1982) aborde quant à lui le totalitarisme américain au Chili, sous la forme là encore d'une enquête.

En somme, Costa-Gavras s'est toujours attaqué à des sujets complexes, difficiles autant que délicats.

Toujours aussi engagé

Un peu plus de cinquante ans après Z et sept ans après Le Capital (2012), long-métrage qui dénonçait les ravages du capitalisme, Costa-Gavras n'a pas perdu de son énergie de cinéaste, toujours concerné par les enjeux politiques du monde actuel. Avec Adults in the Room (2019), le réalisateur revient pour ainsi dire aux tragédies grecques, mais celles-ci sont bien contemporaines.

Adapté du livre Conversations entre adultes – Dans les coulisses très secrètes de l'Europe écrit par Yánis Varoufákis (Ministre des finances d’Alexis Tsípras, depuis les élections du 27 janvier 2015 jusqu’à sa démission au lendemain du référendum du 5 juillet), le réalisateur signe un film sur la crise grecque. Il s'en prend aux hommes politiques qui dirigent le pays depuis trente ans, la droite (la Nouvelle Démocratie) comme la gauche (le Pasok) et encore plus aux instances européennes à propos de leur gestion de la crise.

Il n'y a pas à dire : à quatre-vingt-six ans, Costa-Gavras reste un grand réalisateur politique.

Adults in the Room, disponible dès le 11/08 sur CANAL+

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