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Avec VOIR LE JOUR, Sandrine Bonnaire rend hommage aux soignantes

Posté par Cinéma Canal le 23 mars 2021
Sorti pendant l’été 2020, le dernier long-métrage de la réalisatrice Marion Laine est tombé à point nommé, car ses personnages sont des héroïnes du quotidien, employées dans une maternité où les conditions de travail sont très difficiles. VOIR LE JOUR donne aussi à Sandrine Bonnaire l’opportunité de briller dans le rôle principal, bien secondée par un casting féminin très talentueux.
Hôpital en crise

VOIR LE JOUR commence avec un drame comme il y en a plus qu’on ne le croit : la mort d’un nourrisson, dans une maternité de Marseille où se déroule le film. Jeanne, une des auxiliaires qui y travaille – jouée par Sandrine Bonnaire – est particulièrement affectée par cette disparition, au moment où elle traverse elle-même une période difficile : sa fille de 18 ans va bientôt quitter son domicile afin de poursuivre ses études à Paris, après avoir été élevée depuis toujours par sa mère célibataire. Et pour couronner le tout, une vieille connaissance de Jeanne fait son retour dans sa vie, ce qui permet de constater que Jeanne semblait loin d’être destinée depuis toujours à ce sacerdoce de soignante. Le film révèle progressivement l’histoire personnelle compliquée de son héroïne, à l’aide de flashbacks travaillés qui mêlent Jeanne au présent et au passé.

Mais au-delà du mystère qui l’entoure, ce long-métrage a aussi une dimension politique, puisqu’il montre très concrètement les conséquences d’une gestion de l’hôpital qui vise à réduire les coûts à tout prix, même si cela conduit à épuiser le personnel et à accueillir les femmes qui doivent accoucher dans des conditions souvent pas optimales. VOIR LE JOUR peut donc être vu comme une véritable ode à ces personnels soignants qui se battent au quotidien, et qui ont été largement mis en lumière par la crise sanitaire actuelle (le film a été tourné avant). Le scénario est d'ailleurs adapté de CHAMBRE 2, le premier roman publié en 2013 par l’écrivaine et musicienne Julie Bonnie – qui a participé au film – après avoir été elle-même auxiliaire de puériculture dans une maternité, ce qui explique grandement le caractère parfois tristement réaliste des scènes filmées pour VOIR LE JOUR.

Sandrine Bonnaire retrouve Marion Laine

Plus de quarante ans après ses débuts devant la caméra, l’actrice française reste une icone indéboulonnable du cinéma hexagonal. Alors que l’on devrait la retrouver cette année dans le dernier film de Claude Lelouch, L’AMOUR C’EST MIEUX QUE LA VIE, et qu’elle partagera aussi l’affiche avec Gérard Depardieu et Pierre Richard dans UMAMI (Slony Sow), Sandrine Bonnaire continue de rester fidèle à Marion Laine, puisque VOIR LE JOUR est leur troisième collaboration. La première remonte à 2008, quand l’actrice avait joué aux côtés de Marina Foïs et Pascal Elbé dans le premier long-métrage de la réalisatrice, UN CŒUR SIMPLE, jolie adaptation d’une nouvelle de Gustave Flaubert.

Plus récemment, Sandrine Bonnaire a aussi donné la réplique à Simon Abkarian dans CE SOIR-LÀ (2019), le téléfilm de Marion Laine qui est le premier long-métrage de fiction sur les attentats du 13 novembre 2015. VOIR LE JOUR a été l’occasion pour l’actrice engagée de défendre la cause des hôpitaux, en se plongeant dans la grande pénibilité de leur quotidien pour mieux rendre hommage à ces femmes soignantes de l'ombre. Sur un ton plus léger, le film a aussi permis à l’actrice de changer radicalement de coupe de cheveux, et de réaliser son rêver de jouer une musicienne, ce qui a nécessité pour elle de se mettre à la guitare. Et si Sandrine Bonnaire porte évidemment VOIR LE JOUR, elle a la chance d’être accompagnée par des actrices très en forme (Aure Atika, Brigitte Roüan, Sarah Stern, Kenza Fortas, Lucie Fagedet) pour incarner de beaux personnages féminins secondaires, qui dessinent autant de portraits nuancés de femmes, avec chacune leur rapport aux enfants.

Le bébé, une source inépuisable d’émotions au cinéma

En prenant essentiellement place dans une maternité, VOIR LE JOUR rejoint quelques films français récents où les nouveau-nés occupent une place centrale. On pense bien sûr immédiatement à PUPILLE (Jeanne Herry, 2018), un autre film de réalisatrice, où plusieurs personnages se relayaient pour montrer à quoi ressemble le parcours d’adoption d’un enfant né sous X en France. Long-métrage à la fois réaliste et émouvant, PUPILLE a été un beau succès public et critique, remportant sept nominations majeures aux César, notamment pour les membres remarquables du casting : Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche et Elodie Bouchez. Quelques années plus tôt, LA GUERRE EST DECLARÉE (Valérie Donzelli, 2011) a fait sensation en racontant l’histoire de deux parents qui tentent de sauver leur enfant, atteint d’une grave maladie, un scénario inspiré de l’histoire personnelle de la réalisatrice avec Jérémie Elkaïm – le duo incarne d’ailleurs aussi les deux personnages principaux dans le film.

Doté d’une bande-originale d’enfer et du pouvoir de faire pleurer presque n’importe qui LA GUERRE EST DÉCLARÉE offre une transition parfaite vers un autre film déjà culte qui partage ces deux caractéristiques : JUNO (Jason Reitman, 2007). On y suit le parcours d’une jeune femme de 16 ans, embarquée dans une grossesse non-désirée, et qui prend la décision de le faire adopter et donc de trouver les parents parfaits pour son bébé. Et si vous préférez quand le nourrisson est vu sous un angle 100% comique, vous pouvez toujours vous tourner vers ÉNORME (Sophie Letourneur, 2020), dans lequel Marina Foïs et Jonathan Cohen dynamitent la grossesse avec un humour qui ne s’interdit pas grand-chose. La preuve que dans le drame comme dans la comédie, le cinéma français réussit à aborder avec succès ce sujet ô combien universel.

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