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BATTLESHIP ISLAND, l’enfer vrai de la guerre du Pacifique

Posté par Marc Larcher le 3 novembre 2021
Un des tabous de l’histoire japonaise
En s’inspirant d’un événement méconnu de la Seconde guerre mondiale, ce blockbuster mêle avec brio vérité historique et film d’évasion spectaculaire

C’est un sujet explosif, un des angles morts de l’histoire récente en Asie autant qu’une source de récit extraordinaire. Quand en pleine seconde guerre mondiale, alors que la Corée est sous occupation japonaise, 800 travailleurs forcés coréens sont envoyés sur l’île d’Hashima au large de la ville de Nagasaki, au Japon. Cette île de six hectares est également une mine à ciel ouvert où les prisonniers sont chargés d’extraire et d’exploiter du charbon. Le tableau serait déjà digne du roman GERMINAL d’Emile Zola si l’on ne devait pas y ajouter une dimension raciale et guerrière : l’armée japonaise qui surveille les lieux hait les Coréens et les maltraite. Au point que 120 travailleurs forcés y sont morts au printemps 1945. Il y a ceux qui ont tenté de s’échapper et les autres qui ont subi de multiples séances de torture, encore récemment dénoncées par l’ambassadrice du Japon auprès de l’Unesco. En tout au fil des années, 58 000 prisonniers sont passés par l’île dont la forme évoque un bateau militaire d’où son surnom de « Battleship Island » Voilà, pour le tableau, il est sombre, particulièrement sombre.

Pour s’échapper, une seule solution : unir les prisonniers

Avec ce matériel historique hautement inflammable, le réalisateur coréen Ryoo Seung-Wan a réussi à faire un film spectaculaire et grand public, notamment grâce à sa galerie de personnages. Tout d’abord, il a choisi comme héros principal un musicien qui devait se rendre au Japon pour mettre sa fille en sécurité, mais qui est envoyé contre son gré avec elle à Hashima. Sur place, il n’aura d’autre choix que de mettre sa vie en jeu afin de protéger sa fille. Le second personnage vient d’un tout autre background, c’est tout simplement le meilleur combattant de Séoul, une fausse brute au bon cœur. Contre toute attente, le troisième est, lui, un envoyé volontaire. Ce membre du Mouvement d’Indépendance Coréen s'est infiltré sur l’île afin de secourir un autre membre de la résistance qui y est emprisonné. Enfin, le quatrième personnage clef est ce que les Japonais appelaient à l’époque une « femme de réconfort », soit une esclave sexuelle employée par l’armée japonaise.

L’autre Grande Évasion du cinéma mondial

A vrai dire, le personnage le plus fort du film est peut-être encore l’île sur laquelle celui-ci se déroule. Lieu fermé, surveillé, dangereux comme toutes les mines de charbon mais plus encore quand elle est infestée de soldats armés, lieu où l’on souffre aussi des maladies liées à la surpopulation, lieu enfin où l’on peut devenir fou tant chacun y souffre de mille maux. Tout l’enjeu du film réside alors dans la tentative de rébellion et de fuite des prisonniers, qui n’est pas sans rappeler celle des classiques LA GRANDE ÉVASION de John Sturges (1963) et PAPILLON de Franklin J. Schaffner (1973), et ce dans une ambiance aussi anxiogène que folle que celle de SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE (2013) de Bong Joon Ho. Comment sortir de l’enfer quand l’enfer est une île ? Seule l’Histoire, la vraie, dont s’inspire le réalisateur connaît la réponse.

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