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Dans MISS BALA, Gina Rodriguez se libère des chaînes du patriarcat

Posté par Cinéma Canal le 23 février 2021
Signé de la réalisatrice Catherine Hardwicke, ce remake (2019) d’un long-métrage mexicain est un film d’action musclé, qui permet à l’actrice star de la série JANE THE VIRGIN (Netflix) de montrer qu’elle manie aussi bien le fusil d’assaut que les trafiquants des cartels et les policiers corrompus qui en veulent à son amie et elle.
Retour à Tijuana

L’héroïne de MISS BALA (Gloria), est une maquilleuse latino-américaine qui bosse tranquillement à Los Angeles, jusqu’au jour où sa meilleure pote (Suzu) décide se présenter à un concours de beauté local et fait appel à ses services pour le gagner. Ni une ni deux, Gloria décide de retourner enfin dans la ville mexicaine où elle ne voulait plus mettre les pieds après la mort de ses parents : Tijuana. Et malheureusement pour elle, son retour dans la ville la plus dangereuse du monde pouvait difficilement plus mal se passer.

Dès son arrivée, une excursion en boîte de nuit avec Suzu vire au cauchemar : le lieu est le théâtre d’un règlement de compte particulièrement violent, et Gloria ne retrouve plus son amie. Elle n’est pas au bout de ses peines, puisqu’elle est rapidement enlevée par le cartel impliqué dans la fusillade, dont elle a été témoin d’un peu trop près. Gloria se retrouve alors contrainte d’obéir aux instructions d’un chef de gang à la gâchette facile, qui menace sa famille et elle. Pour ne rien arranger, elle devient aussi la cible de la DEA américaine, qui cherche à faire tomber ce gang, et qui l’oblige à jouer au double jeu très dangereux de la taupe au sein du cartel en question.

Le remake d’un film indé mexicain

Avant de devenir un gros film d’action hollywoodien en 2019, MISS BALA a d’abord été uniquement le nom d’un thriller indépendant, réalisé par le mexicain Gerardo Naranjo, et projeté dans la sélection « Un certain regard » à Cannes en 2011. Très bien accueilli par la critique à sa sortie en 2012, il se base – comme son remake – sur l’histoire vraie d’une miss qui a fait scandale en 2008 en étant arrêtée pour trafic de drogue avec plusieurs membres d’un gang. Le réalisateur a fait en sorte de la rencontrer, avant de décider de dévier largement des faits réels, préférant opter pour une héroïne innocente, jouée par Stephanie Sigman. Dans cette première version, le personnage est présenté comme une victime du début à la fin du film, subissant un horrible calvaire face auquel elle ne peut rien.

C’est une différence majeure avec le remake de 2019, qui maltraite nettement moins son héroïne à l’écran, et décide de lui donner les moyens de se révolter et de se venger de ses ravisseurs. Un parti-pris qui convient évidemment beaucoup plus à un projet tout public de gros studio américain, surtout quand il a été lancé juste après le déclenchement de l’affaire Weinstein. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce remake est l’œuvre de la réalisatrice Catherine Hardwicke, connue pour son travail sur TWILIGHT (2008), mais surtout réputée pour ses deux premiers films devenus culte : THIRTEEN (2003), l’inoubliable teen drama sulfureux avec Holly Hunter, Nikki Reed et Evan Rachel Wood, et LORDS OF DOGTOWN (2005), film de skate révéré par les fans du genre.

L’ascension de Gina Rodriguez

Cette version américaine de MISS BALA se distingue d’une autre manière dans le paysage hollywoodien traditionnel : c’est l’un des très rares films produits par un gros studio avec un rôle principal joué par une actrice dite « latina » aux Etats-Unis (comme 95% du casting et de l’équipe technique du film d’ailleurs, autre rareté). Et cette heureuse élue, c’est Gina Rodriguez, une actrice américaine devenue une star grâce à son rôle à partir de 2014 dans la série JANE THE VIRGIN (Netflix), qui parodie les télénovelas. Eh oui, pendant cinq saisons, elle a incarné une jeune femme vierge très portée sur la religion, et qui tombe enceinte après une insémination artificielle destinée à une autre. Avec ce synopsis improbable, la machine est lancée : JANE THE VIRGIN est un phénomène acclamé de toutes parts, Gina Rodriguez remporte le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série comique en 2015, et elle devient une icone pour de nombreuses femmes.

Avant de connaître ce succès, elle a enchaîné les seconds rôles dans les séries, et c’est au cinéma qu’elle se révèle en 2012 avec le drame FILLY BROWN (Youssef Delara et Michael D. Olmos), où elle incarne une rappeuse. Depuis, sa carrière sur le grand écran a bien décollé : on a pu la voir dans deux bons films à gros budget que sont DEEPWATER (Peter Berg, 2016) et ANNIHILATION (Alex Garland, 2018). Elle n’a pas non plus oublié le cinéma indépendant, puisqu’elle figurait l’an dernier au casting de l’excellent ovni KAJILLIONAIRE (Miranda July). Et depuis 2018, elle a également réalisé plusieurs épisodes de séries, en plus de ses casquettes de productrice ou de doubleuse sur certains projets. Mais où s’arrêtera MISS BALA ?

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