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Deux Moi : l'amour au temps des réseaux sociaux

Posté par Rosario Ligammari le 15 Septembre 2019
Au milieu des réseaux sociaux et de la foule parisienne, Deux Moi raconte une histoire d'amour très moderne. En bon cinéaste sociologue, Cédric Klapisch s'intéresse aux nouveaux outils de rencontres virtuels et à leurs infinies possibilités. Et de se demander si finalement l'âme sœur n'est pas à quelques pas de chez soi...
Hyperconnectés

Au cinéma comme partout ailleurs, les réseaux sociaux sont aujourd'hui inévitables. Il est en effet difficile d'éloigner du champ un téléphone portable ou un ordinateur ; les petits écrans envahissent les grands. Quant aux réseaux sociaux à proprement parlé, ils interrogent sur la passerelle entre le réel et le virtuel, les deux « moi » ; si Freud était encore en vie, il aurait du fil à retordre. Dans Deux Moi, il s'agit en fait de deux êtres qui ne se connaissent pas, plus exactement Mélanie (Ana Girardot) et Rémy (François Civil), deux célibataires à la recherche de l'âme sœur, au milieu des réseaux sociaux inépuisables et de cette ville aussi vaste qu'est Paris.

Coluche disait « Quand on a l'embarras du choix on est dans l'embarras » et c'est le cas ici : au milieu de tant de monde, il est difficile de dénicher la perle rare. Voilà un sujet en or pour Cédric Klapisch, lui qui aime ausculter les problématiques liées aux nouvelles générations.

La génération Y chez Klapisch

Avec Deux mois, Cédric Klapisch est dans son élément. Depuis Le Péril Jeune (1994) puis avec sa « Trilogie » (L'Auberge espagnole en 2002, Les Poupées russes en 2005 et Casse-tête chinois en 2013), Klapisch est un cinéaste qui tâte le pouls de l'époque, en particulier sa jeunesse, et cela sur un mode sociologique jusqu'à en tirer des films qualifiés de « générationnels » - ici en l'occurrence la Génération Y.

Dans Deux Moi, le réalisateur se questionne sur la solitude : est-ce la même qu'à l'époque de Chacun cherche son chat (1996)?
D'ailleurs, Deux moi aurait pu s'intituler ainsi, comprenons « chat » au sens virtuel du terme. Le réalisateur s'interroge encore sur les possibilités multiples de l'amour ; par rapport aux Poupées Russes, les réseaux sociaux ont remplacé les voyages. Enfin, le réalisateur revient à Paris, son lieu de prédilection en tant que capitale vivante et vibrante. Et propose ainsi un embryon de réponse : au milieu des réseaux et d'une ville bourrée d'individus, la solitude est peut-être l'anonymat.

Le cinéma et les rencontres en ligne

Là où une série de films a montré les dangers des rencontres en ligne (Hard Candy de David Slade, 2006 ; Unfriended de Levan Gabriadze, 2015) d'autres ont mis en scène les relations qui peuvent en découler : les réseaux sociaux parviennent à vaincre ainsi la solitude ou au contraire la renforcer, quand ils ne représentent pas une solution d'extra-conjugalité (Men, Women & Children de Jason Reitman, 2014).
Pas plus tard que cette année, dans Celle que vous croyez, Alex (le même François Civil que dans Deux Moi) faisait virtuellement la connaissance de Claire Millaud (Juliette Binoche), quinquagénaire qui se faisait passer pour une vingtenaire.

Pendant ce temps, la question demeure : peut-on trouver l'âme sœur comme on commande une pizza via une application ? Peut-on laisser la vie décider dans un monde qui laisse moins de place à l'imprévu ? L'amour n'est peut-être pas si loin que ça, il suffit juste de chercher autour de soi, répond Cédric Klapisch.
Avec Deux Moi, le réalisateur signe un feel good movie qui nous fait lever les yeux des écrans, pour regarder la vie en face. Et, en plus de toucher juste, Klapisch touche en plein cœur.

 

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