Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

EDGE OF THE WORLD : Jonathan Rhys-Meyers dans un bourbier à la APOCALYPSE NOW

Posté par Alexis Lebrun le 25 août 2021
Inspirateur d’au moins deux célèbres romans adaptés au cinéma, l’explorateur britannique James Brooke a aujourd’hui droit à un biopic qui narre son épopée sur l’île de Bornéo, où il fut couronné rajah de Sarawak. EDGE OF THE WORLD (Michael Haussman, 2021) est un film d’aventure comme on n’en fait plus beaucoup, et qui semble justement rendre hommage aux références plus ou moins récentes du genre.
Welcome to the jungle

Nous sommes en 1839 : l’Empire britannique s’est étendu de façon considérable, mais certains territoires résistent encore et toujours à l’envahisseur. C’est le cas de l’île de Bornéo et du sultan du Brunei, qui voient débarquer en bateau un certain James Brooke (Jonathan Rhys-Meyers). Mais contrairement à beaucoup de ses semblables, ce dernier n’est pas un colon mais un simple « explorateur ». C’est aussi un ancien soldat en pleine introspection, lassé de la couronne et qui n’en fait qu’à sa tête. À peine arrivé sur place, il aide le gouverneur du coin à mater gentiment une tentative de révolte locale, ce qui lui vaut d’être sacré rajah de Sarawak, poste qu’il est le premier homme blanc à occuper.

Mais le job n’est pas de tout repos : accompagné dans son périple par son cousin (Dominic Monaghan, de retour sur une île tropicale LOSTienne), son neveu Charles et son interprète Subu, Brooke doit veiller sur une région plus grande que l’Angleterre et où derrière les paysages paradisiaques se cache surtout une jungle aussi luxuriante que menaçante. Le fléau de la piraterie fait rage, et la chasse aux têtes est une pratique courante parmi les populations locales. James Brooke lutte contre les deux et s’attaque aussi à l’esclavage, mais tout cela ne va pas sans quelques frictions parfois sanglantes avec les autochtones. Autrement dit, EDGE OF THE WORLD a son lot de corps décapités, et la quête du héros ne serait pas complète sans qu’il affronte quelques démons, intérieurs ou non. Une thématique qui évoque un film d’un certain Francis Ford Coppola…

Quand l’homme veut être roi

Eh oui, la performance très « Martin Sheenesque » de Jonathan Rhys-Meyers (voix-off omniprésente comprise) vient rappeler l’influence écrasante du chef-d’œuvre APOCALYPSE NOW (1979). Cette référence n’a rien d’étonnant, dans la mesure où l’odyssée cauchemardesque de Coppola est basée sur une nouvelle de Joseph Conrad (AU CŒUR DES TÉNÈBRES, 1899) elle-même pas très éloignée de l’histoire de James Brooke. Plus directement, l’aventurier britannique a aussi influencé la création d’un autre roman célèbre de Conrad, LORD JIM (1900), adapté deux fois au cinéma sous ce nom : d’abord en 1925 dans le film muet de Victor Fleming, puis quarante ans plus tard dans le long-métrage de Richard Brooks (1965) avec Peter O'Toole dans le rôle principal. James Brooke a aussi inspiré une nouvelle de Rudyard Kipling, L'HOMME QUI VOULUT ETRE ROI (1888), adaptée dans le fameux film éponyme sorti par John Huston en 1975, avec un trio inoubliable au casting : Michael Caine, Christopher Plummer et surtout un immense Sean Connery en premier rôle.

Sans cette référence absolue du film d’aventure, EDGE OF THE WORLD n’existerait sans doute pas, pas plus que certaines réussites récentes du genre auxquels le film de Michael Haussman renvoie aussi. On pense bien sûr à un autre grand film signé Terrence Malick cette fois : LE NOUVEAU MONDE (2005), œuvre visuellement splendide dans laquelle on retrouvait également feu Christopher Plummer. La fascination du personnage joué par Rhys-Meyers pour la jungle mystérieuse et dangereuse qu’il explore rappelle aussi immanquablement celle de Charlie Hunnam dans un autre biopic épique, THE LOST CITY OF Z (James Gray, 2016). Le réalisateur new yorkais est un grand spécialiste s’il en est de la thématique obsessionnelle d’AU CŒUR DES TÉNÈBRES, que l’on retrouve au cœur de la folle mission de Brad Pitt dans son formidable film de science-fiction, AD ASTRA (2019). Car c’est bien connu : dans la jungle comme dans l’espace, la soif de conquête (et de pouvoir) de l’homme est sans limites.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram