En Liberté !, une comédie déjantée signée Pierre Salvadori

Posté par Rosario Ligammari le 19 Novembre 2019
Dans le cinéma français, Pierre Salvadori a toujours été une référence en matière d'humour raffiné. Avec En Liberté !, le réalisateur s'essaye à un genre qui lui va comme un gant : la screwball comedy (autrement dit la comédie loufoque).
L'humour en finesse de Pierre Salvadori

Depuis plus de vingt-cinq ans, le réalisateur et scénariste Pierre Salvadori s'est taillé une belle place, quasiment à part, dans le rayon de la comédie française. Lentement mais sûrement : avec une moyenne d'un long-métrage tous les trois-quatre ans, sa filmographie est constituée d'une comédie générationnelle culte (Les Apprentis, 1995) et de quelques succès à la fois critique et public comme Hors de Prix (2006).

A son sujet, on peut sans problème parler d'« auteur » de comédie, avec sa patte d'artisan délicate et raffinée. Ses maîtres en humour se nomment Enst Lubitsch, Howard Hawks ou Billy Wilder. Et son style est reconnaissable dans le fait de mêler ses références à un art du badinage et du vaudeville « à la française », avec un soupçon de loufoquerie pour pimenter le tout.

En Liberté !, un hommage à la screwball comedy

Pour Pierre Salvadori, on l'aura compris, l'humour est une chose sérieuse. En France, on pourrait lui reconnaître quelques fils spirituels, du moins des réalisateurs proches de sa patte, comme Emmanuel Mouret (cela dit plus sentimental et plus théâtral). Avec En Liberté !, Pierre Salvadori ne perd pas son style en s'aventurant vers un genre sur mesure, en tout cas à la hauteur de sa démesure : la screwball comedy.

Dans les années 30 et 40 à Hollywood, la screwball comedy désigne un certain cinéma loufoque souvent autour des questions de mœurs ; il y a beaucoup d'absurde et de l'exagération dans les mimiques ou les gestes – et pour cause, ce genre de comédie arrive peu de temps après la fin du cinéma muet (et connaît le début de son déclin à l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale). New-York Miami de Frank Capra (1934) est souvent considéré comme la première screwball comedy. Huit décennies plus tard, Pierre Salvadori réhabilite le genre, en reprend les codes et en propose une lecture moderne et là encore « à la française ». Plus exactement à la Pierre Salvadori.

Et surtout une comédie « salvadorienne »

C'est avec un grand plaisir qu'on voit Pierre Salvadori se réapproprier la screwball comedy : la démarche est loin d'être absurde puisque c'est un genre dans lequel se sont illustrés Ernest Lubitsch avec La Huitième Femme de Barbe-Bleue (1938) ou Howard Hawks avec L'Impossible Monsieur Bébé (1938) et Boule de feu en (1941). Le réalisateur se rapproche de plus en plus de ses influences.

En réalité, beaucoup de comédies contemporaines, en particulier romantiques, doivent beaucoup à la screwball comedy mais omettent certains ingrédients essentiels, comme l'écriture de personnages féminins qui en imposent. Dans En Liberté !, Yvonne (Adèle Haenel), une policière qui découvre que son mari défunt était un ripou, est une femme forte à l'instar de Katharine Hepburn ou Carole Lombard, des icônes du genre. Au passage, en plus d'Adèle Haenel, le casting est cinq étoiles : Pio Marmaï, Audrey Tautou, Vincent Elbaz ou encore Damien Bonnard. Et le film ne fait pas dans la demi-mesure non plus côté burlesque. En un mot, il est à l'image de son titre : libre.

En Liberté !, disponible dès le 19/11 sur CANAL+

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