EN MÊME TEMPS : coup de projecteur sur le film de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Posté par Aurelien BACOT le 8 avril 2022
À l'occasion de la sortie de leur nouveau long métrage EN MÊME TEMPS, les deux trublions du cinéma hexagonal Gustave Kervern et Benoît Delépine ont été conviés sur le plateau de Laurie Cholewa pour nous raconter la genèse et les coulisses de cette nouvelle collaboration aussi hilarante que réussie.

Après leur très remarqué EFFACER L'HISTORIQUE, le duo le plus iconoclaste et déjanté du cinéma français est de retour pour une nouvelle comédie politique emmenée par les comédiens Jonathan Cohen et Vincent Macaigne. Deux acteurs que l'on adore et que l'on est ravis de voir embarqués dans la folie contagieuse de Gustave Kervern et Benoît Delépine, dont voici le pitch :

A la veille d’un vote pour entériner la construction d’un parc de loisirs à la place d’une forêt primaire, un maire de droite décomplexée essaye de corrompre son confrère écologiste. Mais ils se font piéger par un groupe de jeunes activistes féministes qui réussit à les coller ensemble. Une folle nuit commence alors pour les deux hommes, unis contre leur gré.

On ne pouvait manquer de débuter cette interview sans demander aux deux réalisateurs, d'où leur était venue cette idée improbable de coller ensemble leurs acteurs.

"- C’était une idée que l’on avait depuis un petit moment, que l’on avait même proposée à Poelvoorde et Dupontel, c’est vous dire… Et quand on cherchait une idée pour un nouveau film, elle est réapparue, mais on s’est dit que c’était un peu trop fou et que tout le monde allait dire non. Ce qui a été le cas. - Oui mais on a tenu bon et d’ailleurs il y a un des personnages dans le film qui est joué par François Damiens qui tient un bowling, et qui explique à quel point c’est dur pour lui de faire sortir les gens de chez eux. Et nous on s’est dit il faut une idée folle pour le prochain, parce que même nous on a du mal à sortir pour aller au cinéma, donc autant aller vers l’idée la plus folle qu’on ait jamais eue."

Alors qu'ils nous ont ravis avec des héros venus le plus souvent des marges de notre société, le tandem de cinéastes à cette fois changé son fusil d'épaule en mettant en scène deux élus de la République dans une fable politique écolo-féministe, qui n'est pas tendre avec la classe politique. Seule différence notable avec ce changement de perspective, une plus grande place laissée à des dialogues et des joutes verbales d'anthologie portée par les talentueux Jonathan Cohen et Vincent Macaigne, comme l'explique Gustave Kervern au micro de Laurie.

"Ça n’a pas changé grand-chose, à part que l’on a vraiment beaucoup plus dialogué ce film parce qu’on savait que l’on avait affaire à de très bons acteurs capables de dire des textes très longs. Donc on s’est vraiment régalés à écrire des dialogues les plus longs possibles, parce qu’on savait que c’était deux avions de chasse."

Réunis pour la première fois à l'écran les deux comédiens constituent un duo si explosif et tellement drôle que l'on pourrait presque s'etonner de ne l'avoir jamais vu auparavant en tête d'affiche. Un choix judicieux que nous explique justement Gustave Kervern :

" - On voulait changer un peu d’acteurs parce que l’on avait eu toujours un peu la même famille d’acteurs avec Dupontel, Poelvoorde et Depardieu. Et c’est en réfléchissant à cette nouvelle idée que les César sont arrivés. On a eu une nomination pour les César l’année dernière, on s’est retrouvés dans cette cérémonie un peu spéciale. C’était le confinement, tout était fermé à Paris, pas de bars, pas de taxis, rien… Une espèce de ville morte. Et on s’est aperçu en sortant des César, après avoir perdu bien sûr, qu’il y avait un taxi qui attendait tout ceux qui avait gagné un César et les autres restaient sur le trottoir sous la pluie… - Du coup on était avec tous les losers, sauf que les losers sont géniaux. Des gens dont on venait de voir les films extraordinaires, en l’occurrence « Médecin de Nuit » pour Vincent et « Dans la jungle » pour Jonathan… Des gens qu’on admirait et eux aussi nous aimaient bien, donc sur le trottoir on a commencé à discuter avec eux. Du coup on a pu voir qu’eux-mêmes s’entendaient bien, qu’ils étaient de la même taille, ce qui était important pour le film. Parce que vérifier des choses comme ça via des agences c’est toujours fort gênant…Il y avait India, il y avait Yolande, donc on s'est dit vas-y on fait un film 100% losers des César."

Si la complicité entre les deux acteurs semble une des raisons évidentes du succès de ce duo et de la réussite du film, on ne pouvait laisser Gustave Kervern et Benoît Delépine sans leur poser quelques questions sur les coulisses du tournage, et justement sur la technologie de pointe utilisée pour rendre littéralement inséparables leurs deux comédiens principaux.

"Très bizarrement, alors qu’on s’imaginait que ça allait être très compliqué, on a fait des tests avec des amis artistes de rue, et on a pu voir que ça pouvait marcher, avant de leur demander à eux parce qu’on avait peur que pendant un essai, ils puissent d’un coup reculer… On début on pensait à des harnais et puis c’était trop compliqué. Du coup ils étaient simplement attachés par leurs deux ceintures entremêlées, tout simplement."

Alors que ce soit à pied, en transports ou en trotinette, en tandem ou solo, n'attendez pas et foncez découvrir EN MÊME TEMPS dans la salle de cinéma la plus proche, pour changer un peu de perspective en cette période éléctorale et mettre vos zygomatiques à rude épreuve !

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