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Freaks : les mutants sont des parias au cinéma

Posté par Rosario Ligammari le 30 Juin 2020
Dans Freaks, une petite fille est enfermée chez elle par son père parce qu'elle serait « différente » des autres êtres humains. En fait, il s'agirait d'une mutante. A travers ce film applaudi dans de nombreux festivals de cinéma de genre, la figure du mutant se retrouve marginalisée. Une fois de plus...
Un Freaks spielbergien

Tout d'abord, il ne faut pas confondre Freaks (renommé La Monstrueuse Parade en français), le film culte de Tod Browning sorti en 1932, avec ce Freaks sorti tout droit de l'imaginaire des réalisateurs et scénaristes Zach Lipovsky et Adam B. Stein. Ici il n'est pas question de femme à barbe ou d'homme-tronc mais de Chloé, une petite fille de sept ans (Lexi Kolker) recluse à la maison depuis toujours. Et pour cause : son père (Emile Hirsch) la séquestre ou la protège, parce qu'elle serait « différente » et que le reste du monde constituerait une menace pour elle. Chloé serait-elle une « freak » donc, une anormale, un dangereux... monstre ? Elle ne va pas tarder à le savoir.

Pour avoir une idée précise à propos de Freaks, il faut imaginer un épisode de la saga X-Men revu par Steven Spielberg (les enfants sont plus intelligents et plus sensibles que les adultes), le tout mis au point avec un budget très modeste.

Mutants rejetés

Remarqué et primé dans un certain nombre de festivals (Toronto, Vancouver, Trieste, au PIFFF, aux Utopiales...), Freaks a été applaudi pour son originalité et pour la subtilité avec laquelle les thématiques (politiques et sociales) sont abordées, à travers cette histoire qui peut rappeler aussi bien Canine (Yórgos Lánthimos, 2009) qu'un film signé M. Night Shyamalan. Seulement, là où le film grec précité choisissait le registre de l'absurde, le long-métrage des deux compères canadiens propose une vision dystopique de l'humanité, en pointant du doigt la distinction faite entre les « normaux » et les autres.

Car au cinéma, le mutant est la créature à part, mal vue, de La Mutante (Roger Donaldson, 1995) jouée par Natasha Henstridge aux X-Men qui doivent vivre dans la clandestinité. Le mutant fait généralement office de métaphore (poussée à outrance) pour évoquer toute personne « différente ». Par conséquent, cet être hybride fait souvent perdre aux humains – grande ironie – toute leur humanité.

Les enfants mutants

Freaks renvoie aussi à Midnight Special (Jeff Nichols, 2016) où un petit garçon en tant qu'allégorie de mutant est vu comme un sauveur mais surtout comme une menace, un enfant à surveiller mais un peu plus que les autres (les « normaux »). Là encore, le père protège son fils face aux fanatiques religieux et à la police. Le mutant est déjà en marge mais davantage lorsqu'il s'agit d'un enfant ou d'un adolescent car sa précocité effraie encore plus.

Dans la série The Gifted (Mat Nix, 2017-2019), un couple, dont les enfants ont développé des pouvoirs mutants, doit fuir : le gouvernement menace de les enfermer. Cette année, on attend aussi la sortie du long-métrage Les Nouveaux Mutants (Josh Boone) dans lequel il est encore question d'enfermement de mutants (des adolescents cette fois-ci), dans un hôpital psychiatrique. Ces jeunes gens seraient dangereux pour la société mais aussi pour eux-mêmes. L'avantage, c'est qu'ils sont en groupe. Dans Freaks, Chloé est (théoriquement) seule à posséder des pouvoirs surnaturels...

Freaks, disponible dès le 02/07 sur CANAL+

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