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FUKUSHIMA 50, le film choc sur les héros de la centrale

Posté par Cinéma Canal le 2 avril 2021
10 ans après la catastrophe, le réalisateur japonais Setsurō Wakamatsu s’intéresse à l’action héroïque de cinquante salariés de la centrale nucléaire de Fukushima, restés sur place au péril de leur vie pour éviter que l’accident ne prenne des proportions encore plus dramatiques.
Les cinquante de Fukushima

FUKUSHIMA 50 (2020) s’ouvre sur l’un des événements les plus importants de la décennie 2010. Le 11 mars 2011, un séisme d’une magnitude dévastatrice déclenche un tsunami très meurtrier au large des côtes japonaises. Il fait plus de 18 000 morts dans le pays, et entraîne un incident nucléaire majeur dans la centrale nucléaire de Fukushima, située en bord de mer.

Les systèmes de refroidissement des réacteurs ne fonctionnent plus : ces derniers surchauffent, entrent en fusion et menacent d’exploser et de contaminer une très large partie du pays, dont Tokyo. Alors que la situation est évidemment très instable sur place, des employés de la centrale bravent des niveaux de radiations effrayants pour tenter à tout prix de refroidir le cœur des réacteurs. C’est cette histoire que raconte heure par heure FUKUSHIMA 50, et c’est la première fois qu’un film japonais ose recréer la catastrophe.

Personnalité explosive

Très spectaculaire et bien aidé par une reconstitution impressionnante, le long-métrage de Setsurō Wakamatsu se concentre notamment sur le personnage décisif de Masao Yoshida, joué par un acteur japonais bien connu : Ken Watanabe. En 2011, Yoshida est le directeur de la centrale de Fukushima, et il devient célèbre dans le monde entier après avoir désobéi à des ordres insensés, évitant un désastre à peine imaginable. Il faut dire aussi qu’avec sa personnalité explosive et son charisme naturel, il constitue un héros idéal pour le cinéma.

Le film le montre s’opposer à des personnalités politiques et économiques aux décisions nettement moins intelligentes pendant la crise, et l’utilise aussi pour mentionner les graves erreurs responsables de cette catastrophe historique. Un passage quasi-obligé pour le réalisateur, dans la mesure où l’accident de Fukushima a eu des conséquences majeures sur l’industrie du nucléaire dans le monde, en révélant les menaces qui pèsent sur certaines centrales. En plus de faire connaître un récit héroïque méconnu du grand public, la grande réussite de FUKUSHIMA 50 est donc incontestablement d’évoquer les conséquences humaines de ces enjeux politiques et économiques.

Les grandes catastrophes au cinéma

Les désastres engendrés par des phénomènes climatiques rares ont toujours fasciné le septième art, et ils ont même donné naissance à un genre à part entière : le film catastrophe. En 1959, Sergio Leone fait ainsi ses débuts en tant que réalisateur avec LES DERNIERS JOURS DE POMPÉI, un péplum sur fond de destruction de la ville romaine, ensevelie après l’éruption du Vésuve. Mais FUKUSHIMA 50 évoque aussi inévitablement un bon film beaucoup plus récent, qui s’intéresse lui au terrible tsunami de 2004 qui a touché l’Asie du Sud : THE IMPOSSIBLE (Juan Antonio Bayona, 2012), dans lequel Naomi Watts et Ewan McGregor forment un couple en vacances avec leurs trois enfants en Thaïlande au moment du drame. Le film a rapporté à l’actrice britannique sa deuxième nomination pour l’Oscar de la meilleure, et il est aussi l’occasion de découvrir le premier rôle de celui qui est désormais une immense star : Tom Holland.

Il arrive aussi que le cinéma s’inspire d’événements anticipés depuis longtemps : c’est le cas du blockbuster SAN ANDREAS (Brad Peyton, 2015), qui s’inspire du fameux « Big One » de la faille de San Andreas, cet énorme séisme redouté et attendu par toute la Californie. Enfin, sur le thème du nucléaire plus que des séismes, FUKUSHIMA 50 renvoie aussi forcément à l’une des séries les plus marquantes des dernières années : CHERNOBYL (OCS). En cinq épisodes, cette création de Craig Mazin (2019) a récolté tous les honneurs en montrant de façon très crue les conséquences de la catastrophe nucléaire tristement célèbre qui lui donne son nom : Tchernobyl. Et elle s’attaque directement à la gestion de cette crise par le pouvoir de l’époque, s’appuyant sur des recherches documentaires très solides, tout en prenant quand même des libertés pour les besoins de la fiction. Mais comme dans FUKUSHIMA 50, la vulgarisation qu'elle permet sur ces sujets difficiles contrebalance largement ce défaut – qui n’en est pas un.

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