Avec Gentlemen Cambrioleurs, Michael Caine prouve que les voleurs sont aussi des héros

Posté par Rosario Ligammari le 15 Janvier 2020
Le cambrioleur a souvent été le personnage principal d'un film, voire même le héros. Dans le long-métrage de James Marsh, au titre évocateur, Michael Caine incarne Brian Reader, responsable du plus gros casse de l'histoire judiciaire anglaise. Et là encore, cet homme a beau être un cambrioleur, il est avant tout gentleman.
Le cambrioleur en personnage principal

Au cinéma, il y a une tradition du film noir mettant en scène des cambrioleurs. En France, c'est d'autant plus le cas avec le célèbre Arsène Lupin – le « gentleman cambrioleur ». Ce personnage de fiction inventé par le romancier Maurice Leblanc au début du XXème siècle a inspiré pléthore de séries et des films, de celui de Jacques Becker (Les Aventures d'Arsène Lupin, 1956) à celui de Jean-Paul Salomé (Arsène Lupin, 2004).

Il y a un paradoxe. Dans la vie, le cambriolage est bien sûr puni par la loi : un pareil acte a pour conséquence au moins trois ans de prison ; le vol en bande organisée peut valoir une condamnation allant jusqu'à quinze ans d'enfermement. De La Main au Collet (Alfred Hitchcock, 1955) qui a pour point de départ l'éventuel repos d'un ex-cambrioleur, jusqu'à Braquage à l'italienne (Felix Gary Gray, 2003) avec sa bande de malfrats, le spectateur s'attache aux péripéties des voleurs en tant que personnages principaux.

Une figure héroïque

Pourquoi les cambrioleurs sont-ils des héros sur grand écran ? Ou, du moins, pourquoi ne sont-ils pas des vrais « méchants » ? Et bien c'est simple : contrairement à d'autres figures de gangsters, les cambrioleurs s'en prennent à du matériel, sans avoir théoriquement recours à la violence (ou; si c'est le cas lors d'un braquage, l'objectif n'est en tout cas pas de tuer ni de blesser). Sans couteau ni pistolet dans la poche, les cambrioleurs entrent les mains vides. Comme le chante Jacques Dutronc dans Gentleman cambrioleur : « Il s'empare de vos valeurs sans vous menacer d'une arme ».

Quand la ville dort (John Huston, 1950), l'un des films de chevet du cinéma de cambriolage, se positionne du point de vue des malfrats. Le film montre un monde corrompu dans lequel les cambrioleurs ne sont pas moins innocents que les autres. Yamakasi (Ariel Zeitoun, 2001) pourrait être quant à lui une sorte de Robin des bois des temps modernes (et en groupe) : des athlètes y volent des riches pour sauver un enfant malade issu d'un milieu défavorisé. On peut difficilement faire plus héroïque.

Et sympathique

Enfin, dans la thématique du cambriolage et du braquage, il est impossible de ne pas évoquer la trilogie Ocean's de Steven Soderbergh (Ocean's Eleven en 2001, Ocean's Twelve en 2004 et Ocean's Thirteen en 2007). En plus de réunir le gratin des stars hollywoodiennes les plus sympathiques (Brad Pitt, George Clooney, Matt Damon...), la saga a même inspiré une « version féminine », Ocean's 8 (Gary Ross, 2018). On peut enfin parler de braquage du troisième âge, avec des longs-métrages tels que Braquage à l'ancienne (Zach Braff, 2017) ou Gentlemen Cambrioleur (James Marsh, 2019).

Gentlemen Cambrioleur raconte le cambriolage de la salle des coffres de la Hatton Garden Safe Deposit Limited à Londres en avril 2015, soit le plus gros casse de toute l’histoire judiciaire britannique. Et Michael Caine de jouer Brian Reader, cet homme considéré comme le dernier... des gentlemen cambrioleurs. L'acteur anglais avait un rôle similaire dans Le Casse du siècle (Michael Radford, 2007) ; il faut dire qu'il a tout du dandy gentleman, quand bien même il est un cambrioleur. En somme, il serait un héros bien plus qu'un malfrat.

Gentlemen Cambrioleurs, disponible dès le 18/01 sur CANAL+

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