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Glenn Ford, le charme discret d’Hollywood

Posté par Marc Larcher le 2 septembre 2021
Le profil de Mr Tout Le Monde

Il y a d’abord ce regard, perçant mais rassurant, celui d’un homme plein d’assurance mais qui ne se la raconte pas. Pas un héros mais un homme ordinaire prêt à affronter des situations extraordinaires. À Hollywood, dans les années 40 et 50, les registres d’acteurs sont encore creusés dans le marbre. Sur les écrans, on croise le privé en imper, la clope au bec, revenu de tout, qui ne peut s’empêcher de tomber dans les bras d’une cliente sournoise, le cow-boy au grand cœur, toujours prêt à faire le coup de poing ou à tirer plus vite que son ombre, et le soldat plein de bravoure prêt à se sacrifier pour mener à bien la mission impossible qu’on a lui a confiée. Et puis il y a Glenn Ford, capable de jouer tout cela sans jamais entrer dans la caricature et à qui surtout, le public masculin parvient à s’identifier complètement sans pour autant laisser le public féminin indifférent, loin de là. Plus près de nous, d’autres comédiens incarnent avec brio cet air naturel, on pense à Jason Bateman, le héros de la série « OZARK» (2017), sorte de Mr Tout Le Monde capable de se sortir des pires situations, ou de ce côté-ci de l’Atlantique, à François Cluzet, simple bon gars en apparence que l’intensité du jeu transforme en personnage mémorable (« À L’ORIGINE », Xavier Giannoli, 2009).

 

Les plus belles femmes à ses pieds

Voilà pour la carte d’identité du bonhomme. Et si cet acteur américano-canadien a l’honneur aujourd’hui de se voir consacrer un documentaire, c’est que sa filmographie vaut de l’or. C’est simple, cinq des films dans lequel il a figuré sont enregistrés par le National Film Registry à la Bibliothèque du Congrès à Washington. Autrement dit, cinq de ses personnages sont entrés dans le patrimoine pour des raisons « culturelles, historiques ou esthétiques ». Pas grand monde peut en dire autant. Il y a d’abord eu « GILDA » (Charles Vidor, 1946), film noir qui a fait de Rita Hayworth un sex symbol et de Glenn Ford, l’archétype de l’homme jaloux débordé par sa passion. On le retrouve dans un autre chef d’œuvre, « THE BIG HEAT» (Fritz Lang, 1953) où il excelle dans le rôle d’un policier décidé à mettre fin à la corruption dans sa ville après la mort de sa femme dans un attentat qui le visait. Il sera également le prof dépassé par la violence de ses élèves dans « BLACKBOARD JUNGLE » (Richard Brooks, 1955) et même un superbe méchant de western dans « LE TRAIN DE 3h10 POUR YUMA » (Delmer Daves, 1957). Vingt ans plus tard, on le retrouve encore dans le premier « SUPERMAN » où devenu un paysan plein d’humanité, il interprète magistralement le père adoptif du super-héros. Si sa carrière fut exemplaire, sa vie fut un peu plus mouvementée. Né au Québec, il a passé son enfance à Los Angeles et fut enrôlé dans l’armée américaine en pleine seconde guerre mondiale. Devenu acteur et comédien le plus populaire des Etats-Unis en 1958, son sourire enjôleur fit tomber, entre autres, Marilyn Monroe, Rita Hayworth, Judy Garland, Angie Dickinson et même, murmure-t-on une certaine Brigitte Bardot. Ce qui ne l’a pas empêché d’être marié quatre fois. Il fut beaucoup plus fidèle au Parti démocrate pour lequel il multiplia les galas de soutien. Et aux poules - celles à plumes - qu’il collectionna jusqu’à la fin de sa vie dans le jardin de sa maison de Beverly Hills. Quand le charme agit, il faut laisser faire.

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