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Grâce à Dieu, l'Affaire Barbarin vue par François Ozon

Posté par Rosario Ligammari le 12 novembre 2019
Avec Grâce à Dieu, François Ozon reprend l'Affaire Barbarin. Cette affaire renvoie à plusieurs accusations d'abus sexuels sur des enfants commis par le père Preynat. Le réalisateur et scénariste en a tiré une fiction au plus près du réel qui peut se voir autant comme un drame que comme un film-enquête.
Grâce à Dieu, une fiction proche du réel

Grâce à Dieu (François Ozon, 2019) relate l'Affaire Barbarin. Pour rappel, ladite affaire concerne le père Preynat, prêtre du diocèse de Lyon accusé de pédophilie, placé sous contrôle judiciaire pour des agressions sexuelles dont certaines remontent à 1986.

D'abord envisagé comme un documentaire, Grâce à Dieu est une fiction qui peut se voir comme un « document » très complet ; à travers la trajectoire de ses personnages, le film décortique l'affaire de bout en bout. Par les interprétations de Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud et Eric Caravaca, il reprend le combat de ces victimes dans un grand souci d'authenticité : il s'est en effet inspiré des témoignages regroupés dans l'association La Parole Libérée.

Les scandales de L’Église au cinéma

Si c'est la première fois que l'Affaire Barbarin éclate sur grand écran, plusieurs films ont mis en lumière divers scandales impliquant L’Église. Magdalene Sisters (Peter Mullan, 2003) en fait partie. Le long-métrage raconte ces femmes irlandaises qui, à cause d'un comportement jugé « sulfureux » par les institutions religieuses, ont été enfermées de force et exploitées dans des couvents. Le film est bouleversant et il l'est bien sûr encore plus quand on sait que, pendant plus de soixante-dix ans en Irlande, des milliers de femmes ont subi ces traitements.

Doute (John Patrick Shanley, 2009), quant à lui, part d'un scénario original (adapté de la pièce éponyme de son réalisateur) à propos d'une nonne qui accuse un prêtre de pédophilie. En ne partant pas d'une affaire précise, c'est comme si le film s'inspirait de plusieurs faits du même genre. Il s'intéresse pour ainsi dire surtout à la confrontation des deux religieux et aux réactions que suscite cette accusation. Et s'il s'agit d'un mélodrame, le suspense repose sur ce fameux « doute ».

Enfin, Spotlight (Tom McCarthy, 2016) retrace l'enquête du journal The Boston Globe à propos d'agressions sexuelles perpétrées par l'une des institutions religieuses les plus importantes au monde. A partir d'un travail de documentation méticuleux, le film est pour sa part construit comme un thriller. 

 

Grâce à Dieu, drame humain et film-enquête

De son côté, Grâce à Dieu se situe à la lisière du drame et du film-enquête. Il ne peut être autre chose qu'un drame bien sûr par rapport à son sujet, et plus précisément par le fait de voir évoluer ces personnages portant en eux un double poids : celui de l'abus sexuel et celui du silence – même si celui-ci sera vite rompu. Et, en ce qui concerne sa facette « thriller », elle vient de la forte tension qui en émane, étant donné que le combat de ces victimes est loin d'être sans obstacles.

On peut penser à un versant « enquête » du film autobiographique Les Chatouilles (Andréa Bescond, 2018), sorti quatre mois avant, qui traite lui aussi de pédophilie. En mettant en lumière ce sujet difficile, pour ne pas dire tabou dans bien des cas, ces deux films ont une grande part d'utilité : ils permettent de libèrer la parole.

Grâce à Dieu, disponible dès le 13/11 sur OCS

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