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Hollywood avant la censure : les folles années du cinéma américain

Posté par Aurelien BACOT le 16 novembre 2020
Alors que l’actualité cinéma à Hollywood frise le néant, notre envoyé spécial Didier Allouch en a profité pour se pencher sur le passé légendaire et un certain âge d’or de l’usine à rêve américaine. Et ce à l’occasion d’un coffret Warner qui sortira mi-décembre, réunissant une dizaine de films issus de cette période qui fut sans doute l’une des plus libres et les plus intéressantes d’Hollywood.

BABY FACE, FREE SOUL, FEMALE… même si vous êtes cinéphiles, les titres de ces films ne vous diront pas grand-chose mais ils sont pourtant essentiels à ce qu’est le cinéma américain d’aujourd’hui. Réunis dans un coffret, ces dix longs-métrages méconnus sont un parfait échantillon de ce qu’était Hollywood avant qu’il ne soit soumis au Code. Mais qu’est-ce que ce Code qui régit depuis lors Hollywood ? Didier Allouch a posé la question à George Feltenstein responsable des classiques chez Warner et directeur de la collection Forbidden Hollywood.

« Au début des années 20 Hollywood est vue comme Sodome et Gomorrhe. Les propriétaires des studios embauchent alors Will Hays pour les représenter, un peu comme un lobbyiste. »

Sa mission : établir un code d’éthique pour les films produits par les studios, afin de leur éviter de s’attirer les foudres des tout-puissants lobby religieux américains. Son credo : promouvoir à l'écran le respect de la loi, le respect de toutes les religions, le respect de toutes les races et de toutes les nations. Mais dans les faits c’est tout l’inverse qui se produit entre 1929 et 1934, période durant laquelle un vent de liberté totale souffle sur Hollywood. En effet, en pleine crise économique, les studios font tout pour attirer les spectateurs désargentés dans les salles et ce à grand renfort de films plus fous, plus violents et plus sexy.

 A cela s’ajoute révolution technique d’importance qui vient épouser cet élan de liberté : le cinéma parlant. Une évolution que nous détaille George Feltenstein au micro de Didier Allouch.

« Avec lui apparait un besoin d’histoires plus construites mais aussi plus sensationnelles. Des histoires qui parlent de féminisme, de mères célibataires… Les histoires devenaient de plus en plus progressistes. Et un studio plus que les autres représentait ce côté audacieux des films pré-code : la Warner. »

A cette période la Warner va produire quantité de films de gangsters ultra-violents, glorifiant au passage bien plus les malfrats que les représentants de l’ordre. Ainsi que des films sociaux réalistes et des longs métrages dans lesquels la femme a une place centrale, sans morale ni machisme. Une place des femmes prépondérante durant cette période de liberté cinématographique, parfaitement représenté par les films BABY FACE, RED HEAD WOMAN, RED DUST que l’on peut retrouver rassemblés au sein de ce coffret édité par Warner.

C’est la fin de la grande crise économique qui siffle également la fin de la récréation à Hollywood, quand la politique ainsi que les lobbys ultra-conservateurs et religieux s’en mêlent. Parvenant à imposer leur morale ils vont faire disparaitre ces femmes libres, qui brillaient devant et derrière la caméra, du paysage hollywoodien. Sous la pression politique, les studios cèdent en instaurant dès 1934 un nouveau code qui sera lui scrupuleusement respecté jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Monidale.

Alors n’attendez plus pour faire un tour dans cet Hollywood interdit, (re)découvrir ces films incroyablement modernes qui n’ont pas pris une ride et restent aujourd’hui aussi puissants que dans les années 30 !

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