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José Garcia touche juste dans Chamboultout

Posté par Rosario Ligammari le 10 avril 2020
De La Vérité si je mens ! à Jet Set, on connaît José Garcia pour son excentricité et son infatigable grande gueule. Dans Chamboultout, malgré un grave accident qui lui a fait perdre la vue, le personnage qu'il incarne conserve sa flamboyance, à l'image de ce que José Garcia peut offrir de meilleur en terme de bonne humeur.
De Nulle-Part Ailleurs à Rire et Châtiment

Avant d'être propulsé sur le grand écran, José Garcia s'est fait connaître à la télévision, dans Nulle-Part Ailleurs (sur CANAL+, de 1987 à 2001) ; aux côtés de Didier L'Embrouille alias Antoine De Caunes, le futur acteur incarnait notamment Sandrine Trop Forte. Tout en folie excentrique, ce personnage annonçait quelque part la suite de son parcours : sa présence dans les films, qu'il s'agisse du phrasé ou de la gestuelle, est « trop forte » – imposante et bouillonnante.

Il n'est pas étonnant de savoir qu'enfant, José Garcia adorait les numéros de cirque à la télévision ou qu'à l'école, il faisait le clown ; il n'est pas surprenant non plus de voir qu'il est passé par l'école Annie Fratellini. C'est d'ailleurs là qu'il y a rencontré sa femme, Isabelle Doval, la réalisatrice de Rire et châtiment (2003), une autofiction qui rend implicitement hommage au comédien fantasque.

Le flamboyant José Garcia

En effet, dans Rire et Châtiment, Isabelle Doval y filme son trublion de mari. Dans le film, il est ostéopathe et non pas acteur, mais il ressemble tout de même à José Garcia, du moins en tant que bout-en-train ultra-dynamique. En même temps qu'une réflexion sur l'humour et ses limites, le long-métrage montre la palette de registres dont José Garcia sait faire preuve, entre performance comique et dramatique.

Si Pierre Richard restera comme l'étourdi lunaire de la comédie ou Louis de Funès le Français moyen ronchon, José Garcia, lui, est identifiable en tant que « grande gueule », flambeur, mythomane, délirant parfois jusqu'à l'exubérance. Que cela soit dans Jet Set et sa suite People (Fabien Onteniente, 2000 et 2004), dans Le Mac (Pascal Bourdiaux, 2010) ou bien sûr dans la peau de Serge Benamou dans la trilogie La Vérité si je mens ! (Thomas Gilou, 1997, 2001 et 2012), José Garcia est dans l'outrance, dans le show. On pourrait le résumer en un titre de film : Le Fanfaron (Dino Risi).

Un acteur touchant

Parfois prendre de la place et parler trop fort cache quelque chose. Et, avec ce genre d'acteur, l'intensité dramatique n'est que plus forte quand il s'arrête de parler ou simplement quand il baisse le ton. Là, il peut devenir inquiétant ou touchant. Si Rire et Châtiment explorait aussi la facette sensible de l'acteur, on l'a vu dans des registres strictement dramatiques, comme l'adaptation du premier roman de Michel Houellebecq Extension du domaine de la lutte (Philippe Harel en 1999), dans Le Couperet (Costa Gavras, 2005) ou Pars vite et reviens tard (Régis Wargnier, 2007). D'un coup, son visage opère une transformation assez stupéfiante  : il ressemble alors à Droopy.

Pour le film Chamboultout (Eric Lavaine, 2019), l'acteur se situe dans un entre-deux, entre l'exagération et la retenue. C'est l'histoire de Béatrice (Alexandra Lamy), qui a sorti un livre dans lequel elle raconte l’accident de son mari, Frédéric, qui a perdu la vue et qui, en plus d'être imprévisible, parle désormais sans filtre. Il s'agit d'un rôle taillé sur mesure pour José Garcia, à la fois drôle et touchant : il délivre sa plus belle grande gueule et une très grande humanité.

Chamboultout, disponible dès le 10/04

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