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Kirikou et la Sorcière : le prodigieux monde animé de Michel Ocelot

Posté par Rosario Ligammari le 29 mai 2020
Avec Kirikou et la Sorcière, Michel Ocelot a révolutionné l'animation en France. Son incroyable succès lui a permis de rivaliser avec des films issus des grands studios d'animation américains ou japonais. Et le réalisateur a confirmé son génie avec la suite des aventures du petit Kirikou ainsi qu'avec Princes et Princesses entièrement élaboré en papier découpé.
Kirikou versus l'animation des grands studios

« Kirikou n'est pas grand mais il est vaillant ». On peut le dire : ces paroles sont aussi connues que celle du Rêve Bleu d'Aladdin (Ron Clements et John Musker, 1993), le refrain « Il en faut peu pour être heureux » dans Le Livre de la jungle (Wolfgang Reitherman, 1968), ou encore d'autres chansons tirées de classiques Disney ; c'est bien la preuve que Kirikou a traversé le temps.

Inspiré d'un conte africain tiré d'un recueil de François-Victor Equilbecq, Kirikou et la Sorcière (Michel Ocelot, 1998) est à la base un « petit » film d'animation (son budget est de 3.8 millions d'euros), face aux productions de Disney ou aux mastodontes de chez Pixar ou DreamWorks. Pour le resituer dans son contexte, Kirikou et la Sorcière sort la même année que les deux rivaux en images de synthèse Fourmiz (Eric Darnell et Tim Johnson) et Mille et une pattes (John Lasseter). Kirikou puise son inspiration dans les tableaux du Douanier Rousseau (les couleurs) de l'art de l’Égypte antique (les personnages), en plus de se nourrir des souvenirs de Michel Ocelot qui a passé son enfance en Guinée. Autant dire que tout cela n'a pas grand-chose à voir avec Pixar et DreamWorks.

Petit film devenu grand

D'abord projeté dans les cinémas classés art et essai, Kirikou a eu vite eu droit à un bouche à oreille plus que dithyrambique. Cela a porté le petit bonhomme à la houppette jusqu'aux multiplexes, allant même surtout jusqu'à dépasser nos frontières ; les pays africains ou asiatiques ont eux aussi été touchés par le conte de Michel Ocelot. Enfin, au vu de son parcours, il n'y a rien d'étonnant à ce que Kirikou et la Sorcière ait remporté pas moins d'une trentaine de prix dont le Grand prix du meilleur long métrage d'animation au Festival international du film d'animation d’Annecy.

A posteriori, Michel Ocelot reconnaît que le succès de Kirikou à ouvert la voie à l'animation en France ; sa rentabilité a permis à des films tels que Les Triplettes de Belleville (Sylvain Chomet, 2003) de voir le jour. Et puis cela n'a pas laissé Kirikou sans suite, littéralement, puisqu'on ne parle plus de film mais d'une trilogie ; s'ajoutent donc au premier volet, Kirikou et les bêtes sauvages (2005) ainsi que Kirikou et les hommes et les femmes (2012), avec la patte d'Ocelot toujours aussi poétique et inventive.

Le grand Michel Ocelot

Le succès a permis également à Michel Ocelot de réaliser un projet antérieur à Kirikou : le magnifique Princes et Princesses (2000). Il s'agit là de six contes en théâtre d'ombre, autrement dit en papier découpé ; le réalisateur s'est inspiré cette fois-ci de Lotte Reiniger, une pionnière des films d'animation de silhouettes en Allemagne au milieu des années 1920. Princes et Princesses dévoile un travail d'artisanat méticuleux, en plus d'un grand humanisme, présent déjà dans Kirikou et plus tard encore dans l'hymne à la tolérance Azur et Azmar (2006), qui marquera au passage la première réalisation en images de synthèse pour Ocelot.

Michel Ocelot s'impose ainsi comme un héritier direct de Paul Grimault, le réalisateur du fabuleux classique Le Roi et L'Oiseau (1980). Si « Kirikou n'est pas grand mais il est vaillant » Michel Ocelot, lui, est un bel et bien un grand créateur d'animation.

La trilogie Kirikou et Princes et Princesses, disponibles dès le 1er juin sur CANAL+ FAMILY

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