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L’ART DU MENSONGE : un film qui cache bien son jeu

Posté par Alexis Lebrun le 27 janvier 2021
Jeu de dupes plus sombre qu’il n’en a l’air, le dernier long-métrage (2019) du réalisateur américain Bill Condon est un film d’escroquerie qui saisit bien l’air du temps, et qui a la chance de pouvoir s’appuyer sur le talent inoxydable de deux légendes d’outre-Manche : Ian McKellen et Helen Mirren.
Tromper une fois mille personnes

Il faut toujours se méfier des apparences. Malgré son âge avancé, Roy Courtnay – le personnage joué par Ian McKellen dans L’ART DU MENSONGE – est un arnaqueur professionnel, et un homme d’autant plus détestable qu’il ne recule devant rien, y compris la violence, pour plumer ses victimes de la tête aux pieds. Habitué à escroquer les veuves riches et naïves, il navigue sur les sites de rencontres pour dénicher ses proies, à qui il joue la comédie en se faisant passer pour un gentil compagnon inoffensif.

C’est par ce biais qu’il rencontre Betty McLeish (Helen Mirren), une cible en apparence facile, qui attire l’attention de Roy avec les millions qui dorment sur son compte en banque, et qui n’hésite pas à l’accueillir dans sa maison. Malgré son isolement, la veuve peut heureusement compter sur la présence de son petit-fils Steven (Russell Tovey), qui se montre méfiant à l’égard de Roy et risque bien de compliquer le coup prévu par ce dernier.

Un film féministe ?

Sans dévoiler les rebondissements, vous vous doutez bien que les rôles ne vont pas rester figés pendant les deux heures que dure le film. Alors que le personnage de Betty ressemble d’abord à une victime qui ne voit pas qu’elle se trouve en présence d’un prédateur, on réalise très rapidement qu’elle aussi cache quelque chose. Tout l’enjeu du film devient alors de deviner qui trompe qui, pourquoi et comment.

Et alors que l’intrigue initiale peut laisser penser que L’ART DU MENSONGE est un film d’escroquerie assez léger qui pourrait lorgner parfois sur la comédie voire la romance, quelques scènes plutôt explicites visuellement viennent laisser penser que des secrets très noirs se cachent derrière ces apparences. Toujours sans spoiler les révélations choquantes faites dans la deuxième partie de l'histoire, on peut au moins dire que L’ART DU MENSONGE reprend à son compte des luttes d’actualité, et que son dénouement est carrément réjouissant, même si vous l’avez vu venir à des kilomètres.

Un duo irrésistible

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Ian McKellen (81 ans) et Helen Mirren (75 ans) n’avaient jamais tourné ensemble au cinéma avant L’ART DU MENSONGE ; ils ont seulement partagé l’affiche une fois au théâtre à Broadway. Mais ils se rattrapent bien avec le film de Bill Condon, dont ils sont très clairement le point fort. Rien de surprenant dans la mesure où ce sont deux grands spécialistes de la tragédie britannique. Mirren a bien sûr remporté l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle d’Elisabeth II dans THE QUEEN (Stephen Frears, 2006), une consécration méritée pour celle qui a commencé sa carrière il y a plus de cinquante ans, et qui a accumulé une quantité impressionnante de récompenses pour son travail à la télévision, au cinéma et au théâtre. Grand acteur shakespearien engagé, Ian McKellen n’a pas non plus à rougir de son CV, en particulier sur les planches.

Mais pour le grand public, il restera toujours associé à son rôle de Gandalf dans les trilogies de Peter Jackson : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX (2001 à 2003) et LE HOBBIT (2012 à 2014), sans oublier le terrible Magneto qu’il a joué pendant près de quinze ans dans les films X-MEN. McKellen est aussi un collaborateur régulier de Bill Condon, puisqu’il a joué dans l’excellent NI DIEUX NI DÉMONS (1998), Oscar du meilleur scénario adapté et nomination à l’Oscar du meilleur acteur pour le comédien britannique. Il a également retrouvé Condon dans l’étonnant MR. HOLMES (2015), où il incarne une nouvelle version de Sherlock Holmes, retraité car âgé de 93 ans ! Enfin, McKellen a aussi interprété le personnage de Big Ben dans l’adaptation en prise de vues réelles LA BELLE ET LA BÊTE (2017), elle aussi réalisée par Bill Condon, et qui a fait un carton retentissant au box-office. Lui et Mirren changent radicalement de registre avec L’ART DU MENSONGE, et cette prise de risque est couronnée de succès. On n’en attendait pas moins de la part d’une reine.

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