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L'euthanasie, ce sujet délicat abordé dans Euphoria

Posté par Rosario Ligammari le 30 juillet 2020
L'euthanasie est un sujet sensible, voire tabou dans certains pays. De La Belle Endormie à Million Dollar Baby, le cinéma l'a souvent abordé à la fois de façon frontale et avec beaucoup de délicatesse. Le beau film Euphoria parvient aussi à trouver ce fragile équilibre.
Euthanasie et fin tragique

Les films sur l'euthanasie volontaire ont souvent un point commun évident qui est contraire aux habitudes des productions hollywoodiennes : ils ne contiennent pas de happy end. Du moins, on doit se faire à l'idée que le personnage central devra partir. De nombreux longs-métrages ont abordé le sujet, de Justice est faite (André Cayatte, 1950) à Johnny s'en va-t-en guerre (Dalton Trumbo, 1972) en passant par Vol au-dessus d'un nid de coucou (Milos Forman, 1976). On se souvient bien sûr de Million Dollar Baby (Clint Eastwood, 2005), film qui suit l'ascension fulgurante d'une boxeuse (jouée par Hilary Swank), jusqu'à ce qu'elle ait un accident sur le ring, finisse paralysée et – spoiler – veuille se faire euthanasier. 

Souvent dans ces cas-là, la fin de vie est aussi la fin de la souffrance comme dans Mar Adentro (Alejandro Amenabar, 2005) où le personnage de Ramon est « enfermé dans son corps » suite à un terrible accident. Il ne se sentira libéré qu'une fois que son cœur s'arrêtera de battre. Sous cet angle, même si c'est difficile à admettre, on peut alors voir son décès comme un happy end, du moins pour lui.

Un sujet politique

Marco Bellocchio a abordé le thème de l'euthanasie dans La Belle Endormie (2013). Pour ce film, le réalisateur s'est inspiré d'un fait réel qui a remué l'Italie : la mort d'Enluana Englaro après dix-sept ans de coma. Ce drame est devenu politique au sens où il a remis sur la table le débat sur l'euthanasie, scindant clairement les personnes favorables et défavorables au suicide assisté. En Italie, ce thème est vraiment sensible : Valeria Golino l'a abordé aussi dans Miele (2003) rappelant qu'il s'agit d'un sujet tabou, bien plus que dans n'importe autre quel autre pays en Europe, et cela avec l'importance du Vatican et de l'héritage catholique.

En Belgique, A tout jamais (Nic Balthazar, 2015) reprend l'histoire de Mario Verstaete qui, atteint de sclérose en plaque, a lutté en faveur de la loi sur la fin de vie. Historiquement, il a été le premier homme belge à avoir le droit à l'euthanasie. Pour rester en Belgique, le film Kill Me Please (Olias Barco, 2010) évoque quant à lui l'euthanasie assez frontalement en ne lésinant pas sur l'humour noir. 

Des États-Unis à la Suède

Euphoria (Lisa Langseth, 2018) est un film suédois. Il faut savoir que depuis 2010, le pays a légalisé l'euthanasie passive, c'est-à-dire le refus ou l'arrêt d'un traitement nécessaire au maintien de la vie.

Dans Euphoria, deux sœurs, Émilie (Eva Green) et Inès (Alicia Vikander), se retrouvent après plusieurs années de séparation. Émilie demande à Inès de la rejoindre dans une maison paisible en pleine forêt. Par la même occasion, Inès apprend que sa sœur est en phase terminale et qu'elle souhaite passer les derniers jours de sa vie en sa compagnie. C'est ça, en fait : peu importe que le film possède un véritable happy end ; ce qui compte, c'est que le personnage ait une fin de vie heureuse.

Euphoria, disponible dès le 07/08 sur CANAL+

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