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La Grande Bellezza : pourquoi c'est culte

Posté par Cinéma Canal le 20 Mai 2020
Dans La Grande Bellezza, Oscar du meilleur film étranger en 2014, Paolo Sorrentino retrace le parcours d'un écrivain qui n'a écrit qu'un seul livre par pure paresse, Jep Gambardella, le tout dans une Rome mondaine et poétique à la fois, avec terrasse de rêve et vue sur le Colisée. Si vous ne l'avez pas déjà vu, on vous explique pourquoi c'est culte.

Comment ne pas commencer par cette scène de fête complètement folle sur un toit-terrasse absolument indécent pour fêter les 65 ans de notre dandy italien ? Sur fond d'un son de Bob Sinclar avec juste ce qu'il faut de vulgaire, il y a tout : danseuses aguicheuses, lancer de nain, et même de naine, intervention d'un groupe mexicain on ne sait pas pourquoi, ancienne gloire de la télé locale planquée dans le gâteau géant, bourgeoises botoxées ultra snobs croquées en deux temps trois mouvements qui jugent absolument tout le monde, hommes torse nus, débauche totale, drague chic de type "Moi aussi mon auteur préféré c'est Proust", et mouvements de caméra spectaculaires sur tout ce petit monde. Et puis soudain, un ralenti, Jep au milieu de la foule, tiré à quatre épingles, qui nous dit tout doucement : "J'étais destiné à la sensibilité. J'étais destiné à devenir écrivain. J'étais destiné à devenir Jep Gambardella." Il y a à la fois de La Dolce Vita et du Gatsby Le Magnifique dans cette scène, que vous n'oublierez pas de si tôt. 

Et parce que la vie n'est pas qu'une fête, il faut voir la façon qu'a le réalisateur de filmer Rome et particulièrement les rives de son fleuve, le Tibre, au ralenti, en suivant ses méandres, et au rythme du débit de l'eau. On aperçoit au loin tel ou tel monument, on suit notre héros autour des fontaines et des places les plus belles de la ville. On est complètement pris par cette façon unique de filmer Rome, au milieu de laquelle notre héros semble régner. Jep Gambardella donc, est interprété par Toni Servillo, absolument fantastique dans le rôle, jouant à la fois sur le terrain de la séduction, du cynisme et de la sensibilité. 

Et si on se plait autant à suivre le destin de ce personnage, il n'en est pas moins inquiétant : Jep est en effet assez dégouté de lui-même et de tout ce petit monde superficiel auquel il appartient, qu'il aime bien sûr, mais dont il reconnait volontiers l'absurdité. L'absurde est d'ailleurs comme un fil rouge dans le film, tant quand on voit ce cardinal se balancer sur une balançoire, une girafe devant une fontaine ou toutes ces semi-célébrités célèbres pour leur... célébrité. Depuis, Paolo Sorrentino nous a montré qu'il aimait particulièrement travailler ce thème, à la fois dans The Young et The New Pope, tous les deux disponibles sur myCANAL, ou dans Youth, filmé dans la fraîcheur et la volupté d'un hôtel de luxe des Alpes suisses. Mais il a cette façon de mêler l'absurde au sublime comme personne. En tout cas, c'est ce qui fait que ce n'est pas la dernière fois qu'on reverra La Grande Bellezza

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Posté par Philippe Coussin-Grudzinski le 20 Mai 2020