La mort est une fête dans le dessin animé Coco

Posté par Rosario Ligammari le 21 Octobre 2019
Dans le cinéma d'animation à destination des plus jeunes , la mort est un sujet délicat. Pourtant depuis toujours Disney puis Pixar l'ont largement traité, d'une façon directe ou plus métaphorique. Inspiré par la Journée des morts au Mexique, Coco parle de la mort sur un ton très positif donc réconfortant.
La mort dans l'animation, un thème sensible

Tout le monde se souvient de la mort de la mère de Bambi (Bambi, David H. Hand, 1942). Et de celle du père de Simba dans Le Roi Lion (Roger Allers et Rob Minkoff, 1994). Avec ces deux longs-métrages, Disney a mis le doigt sur ce qui représente sans doute la plus grande frayeur de l'enfance : la perte des parents. En plus, normalement, dans le monde des dessins animés, les gentils gagnent. Et s'il y a la mort, elle ne peut toucher que les méchants. Normalement.

En tout cas, une chose est sûre : chez Disney comme ensuite chez Pixar, la mort a toujours été présente. Question : comment la représenter (esthétiquement autant que psychologiquement) quand on s'adresse à un très jeune public ? Déjà, on occulte le sang et tout ce qui peut être violent à l'image. Pour ce faire, Disney a trouvé pléthore de solutions.

Il y a ces méchants qui tombent dans le vide comme la sorcière de Blanche-Neige (Blanche-Neige et les Sept Nains, David H. Hand, 1937) ou Ratigan dans Basile, détective privé (Ron Clements et Burny Mattinson, 1986). Certains finissent noyés comme Percival McLeach dans Bernard et Bianca au pays des kangourous (Mike Gabriel, 1991). Quant au Capitaine Crochet (dans Peter Pan, réalisé par Hamilton Luske, Clyde Geronimi et Wilfred Jackson, sorti en 1953), on ne sait pas s'il est réellement mangé par ce bon vieux crocodile.

La mort en douceur et en métaphore

Autre question : comment faire accepter le concept de la mort à un enfant ? Malgré le traumatisme qu'il a généré (certains ne s'en sont toujours pas remis), Le Roi Lion tente d'aborder cela avec douceur, du moins de consoler de la disparition. Ainsi, dans une séquence métaphysique mémorable, Mufasa apparaît dans le ciel comme un fantôme et parle à son fils. « Je vis en toi », lui dit-il notamment.

Du côté de chez Pixar (avec Disney), c'est un peu différent. Même si la maman de Némo (Le Monde de Némo d'Andrew Stanton et Lee Unkrich, 2003) meurt mangée par des barracudas ou que le méchant des Indestructibles (Brad Bird, 2004) finit broyé par les hélices d'un avion, la mort est souvent métaphysique et métaphorique. Dans la saga Toy Story, les jouets ne peuvent pas mourir ; en revanche, si Andy les abandonnent, ils n'ont théoriquement plus aucune raison de vivre. Dans Là-haut (Pete Docter et Bob Peterson, 2009), la mort d'une vieille dame emmène la maison du papy avec le petit garçon vers un monde qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un paradis. Le fameux « là-haut ».

Avec Coco, le royaume des morts est joyeux

Au-delà de Disney et de Pixar, les films d'animation dont l'univers est imprégné de Tim Burton comme L'Etrange Noël de monsieur Jack (Henry Selick, 1994) ou Les Noces Funèbres (Tim Burton et Mike Johnson, 2005) peuvent faire du bien. Avec ses créatures à la fois lugubres et tordues et plus globalement avec son monde aussi sombre qu'exubérant, Tim Burton permet au minimum de prendre la mort avec plus de légèreté, au maximum... d'en rire. Ce qui touche à la mort ne fait plus peur, sinon comme un train fantôme ou une fête d'Halloween.

Là où la mort peut constituer une étape chez Disney et Pixar, dans Coco (Lee Unkrich et Adrian Molina, 2018) il s'agit du sujet principal, comme dans La Légende de Manolo (Jorge R. Gutierrez, 2014). Le jeune Miguel se retrouve au pays des morts, où il va découvrir ses ancêtres. En s'inspirant de la Journée des morts au Mexique, Coco peut se rapprocher de Tim Burton, non pas esthétiquement mais dans l'état d'esprit. Faire de la mort une célébration – ici avec un éventail de couleurs grandioses et une atmosphère très joyeuse – est une façon de dédramatiser. Une consolation. Et même : quelque chose de positif.

Résultat : Coco est idéal pour aborder avec les enfants un sujet aussi sensible que celui de la mort. Et, plus globalement, ce film d'animation fait du bien à tout le monde.

Coco, disponible dès le 28 octobre sur CANAL+

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