LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE mais pas celle de Benoît Magimel

Posté par Marc Larcher le 7 mars 2022
Ado, il était déjà le héros d’un film générationnel et ce n’était qu’un début. Depuis, grâce à son jeu d’une grande intensité, le comédien aux yeux bleus cumule les récompenses dont un récent César du meilleur acteur.
Le petit Groseille passé chez les Le Quesnoy

On l’a connu préadolescent, fils de prolo né Groseille égaré chez les bourgeois Le Quesnoy, volant les couverts en argent de sa famille d’accueil pour mieux les revendre et se faire de l’argent de poche. Son personnage n’avait que douze ans dans LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE d’Etienne Chatiliez (1988), film qui a fait la rire la France entière en marquant les consciences tant les rapports de classe y sont disséqués avec un humour corrosif. Trente-quatre ans plus tard, Benoît Magimel continue d’exceller au cinéma au point d’avoir reçu reçu il y a quelques jours un deuxième César pour son rôle de malade en fin de vie dans « De son vivant », le long-métrage poignant d’Emmanuelle Bercot.

Un caméléon multi-récompensé pour ses rôles

Benoît Magimel n’est pas l’acteur dont la presse parle le plus souvent ni le plus célèbre mais petit à petit, il s’est forgé une place à part dans le cinéma français. Avec ses yeux d’un bleu perçant et un physique imposant, il sait endosser une grande variété de rôles. Ainsi, on l’a vu en pilier du grand banditisme dans LA FRENCH (2014), le polar de Cédric Jimenez sur le milieu marseillais où il incarne le bien nommé « Le Fou », mais aussi en homme d’affaires fasciné par les bimbos dans UNE FILLE FACILE (2019) de Rebecca Zlotowski, ou même en éducateur prenant en main un enfant difficile dans LA TÊTE HAUTE (2015). Louis XIV ou personnage principal de l’adaptation d’un roman de Michel Houellebecq à l’écran, père de famille repoussant sa fille transgenre, producteur de Claude François, capitaine membre des forces spéciales sur un théâtre d’opération en Afghanistan…, il sait tout jouer avec une intensité qui semble le dévorer de l’intérieur. C’est sa grande force, cette faculté d’adaptation, mine de rien déjà à l’œuvre dans LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE puisqu’on le voyait aussi à l’aise dans la cuisine bordélique des Groseille que dans le salon propret des Le Quesnoy. Faculté à laquelle il ajoute une véritable puissance d’incarnation qui n’est pas sans rappeler celle de certains acteurs américains mondialement connus. Le monde du cinéma ne s’y est pas trompé puisque le comédien accumule les décorations depuis ses débuts : prix Michel Simon en 1997, prix d’interprétation masculine du festival de Cannes 2001 pour LA  PIANISTE de Michael Haneke, prix Remy Julienne, César du meilleur acteur dans un second rôle pour LA TETE HAUTE, Swann d’or au festival du film de Cabourg, sans compter les nombreuses nominations…

Regard intense, vie intense

Aujourd’hui, Magimel offre à l’écran une présence folle grâce à sa carapace d’acteur passé par les épreuves de la vie. Ainsi, le spectateur devine en un coup d’œil qu’il est capable de monter très haut et de descendre très bas. Comme l’ont d’ailleurs prouvé ces dernières années ses démêlés avec la justice pour des délits liés à la consommation de stupéfiants. Si la vie est vraiment un long fleuve tranquille, on peut dire sans crainte de se tromper que Benoît Magimel sait mener sa barque en traversant les tempêtes. Ce qui n’est pas donné à tout le monde ni même à tous les acteurs.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram