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La Voie de la Justice, quand le cinéma rétablit la justice et la vérité

Posté par Rosario Ligammari le 20 octobre 2020
Aux États-Unis, le film de procès est un genre à part entière qui permet de revenir aussi bien sur des faits historiques (l'esclavage, le nazisme...) que sur des problèmes de société. LA VOIE DE LA JUSTICE raconte l'histoire vraie de l'avocat Bryan Stevenson, un homme qui a passé sa vie à lutter pour la protection des droits civiques et contre les discriminations raciales. Ici il va défendre Walter McMillian, un afro-américain injustement condamné à mort, victime du racisme des États du Sud.
Le film de procès

Dans le cinéma américain, le film de procès ne date pas d'hier ; il existait même avant l'adaptation du roman de Franz Kafka par Orson Welles (LE PROCES, en 1962). On peut parler du film de procès comme d'un genre en soi, avec ses codes : un lieu (le tribunal bien sûr), le flash-back pour « refaire la scène » ou encore de l'action qui découle de dialogues ultra-rythmés. Avant Welles donc, citons deux immenses réalisateurs qui se sont penchés sur le genre (ou du moins qui ont filmé des scènes de procès) : John Ford avec VERS SA DESTINEE (1939) ou Otto Preminger avec AUTOPSIE D'UN MEURTRIER (1959).

Politique disions-nous, le film de procès a abordé des sujets tels que l'homophobie et la peur du sida dans PHILADELPHIA (Jonathan Demme, 1992), quand ce ne sont pas carrément des faits historiques qui ont été abordés, comme dans AMISTAD (Steven Spielberg, 1998), film sur l'esclavage et véritable plaidoyer pour les droits de l'homme. Il en va de même pour JUGEMENT A NUREMBERG (Stanley Kramer, 1961), long-métrage qui suit le procès de quatre magistrats allemands jugés trop complaisants à l'égard du régime nazi.

Des réalisateurs spécialistes du genre et des séries

Question procès au cinéma, Sidney Lumet fait figure de spécialiste : il est considéré comme le « maître du polar juridique ». On pense à DOUZE HOMMES EN COLERE (1957), LE VERDICT (1982) ou L'AVOCAT DU DIABLE (1993), à ne pas confondre avec L'ASSOCIE DU DIABLE (Taylor Hackford, 1998), autre film qui se déroule dans un tribunal. D'autres cinéastes eux aussi spécialistes des affaires judiciaires ? Alan J. Pakula bien sûr (réalisateur, entre autres, de PRESUME INNOCENT en 1990) ou Aaron Sorkin dont nous parlions récemment à l'occasion de la sortie de son second long-métrage LES SEPT DE CHICAGO (2020).

Les séries ne sont pas en reste. Citons AMERICAN CRIME STORY (Scott Alexander et Larry Karaszewski, 2016) qui s'intéresse à des affaires judiciaires très médiatisées (comme celle d'O.J SIMPSON, le footballeur américain accusé du meurtre de son ex-femme et de son compagnon). On a encore JUSTICE (Tyler Bensinger et David McNally, 2006), MURDER ( Peter Nowalk , 2014), ou même IL PROCESSO (Alessandro Fabbri, 2019). Bien qu'étant Italien, ce dernier doit beaucoup au cinéma américain dit « de procès ».

La Voie de la Justice, émouvant film de procès

Il est encore question de procès dans le poignant LA VOIE DE LA JUSTICE (Destin Daniel Creton, 2019). Cette voie, c'est l'avocat Bryan Stevenson (Michael B. Jordan) qui l'emprunte, en passant sa vie à défendre celle des autres. Plus exactement, Stevenson est un homme qui lutte pour la protection des droits civiques et contre les discriminations raciales. Le film s'inspire de son autobiographie Et la justice égale pour tous : un avocat dans l'enfer des prisons américaines (publiée cette année en France). Et c'est l'Affaire Walter McMillian (incarné par Jamie Foxx) qui est traitée. Pour rappel, Walter McMillian est un afro-américain qui, à la fin des années quatre-vingt, est condamné à mort pour avoir tué Ronda Morrison, une adolescente blanche de dix-huit ans. Problème : sa condamnation s'appuie sur un seul témoignage...

Si l'on peut rapprocher LA VOIE DE LA JUSTICE d'un autre film, par son genre mais aussi par son sujet (voire même par son titre), alors c'est de JUSTE CAUSE (Arne Glimcher, 1995), long-métrage dans lequel il ne s'agit pas d'un avocat mais d'un professeur qui défend un jeune Noir accusé à tort. LA VOIE DE LA JUSTICE rappelle surtout là encore qu'une histoire de procès donne un film profondément politique. Dénonciation du racisme et réquisitoire contre la peine de mort, le réalisateur Destin Daniel Creton cherche à rétablir la justice et la vérité. À l'instar d'un avocat.

La Voie de la Justice, disponible dès le 26/10 sur CANAL+

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