Laurent Lafitte, encore surprenant dans le troublant L'Heure de la sortie

Posté par Rosario Ligammari le 22 Novembre 2019
Au début, Laurent Lafitte était un habitué des rôles d'ami sympathique dans des comédies grand public. Depuis maintenant plusieurs années, l'acteur a changé de ton en se révélant de plus en plus émouvant, inquiétant... En un mot : imprévisible. A l'image du film L'Heure de la sortie.
Sympathique Laurent Lafitte

Laurent Lafitte est indéniablement lié à la bande de joyeux drilles composés de Guillaume Canet et Gilles Lellouche - qui ont été par ailleurs ses anciens camarades du Cours Florent – ainsi qu'au reste de la troupe (François Cluzet et les autres) réunie dans Les Petits Mouchoirs (Guillaume Canet, 2010) et sa suite Nous finirons ensemble (Guillaume Canet, 2019) – en attendant un troisième volet qui sortira dans dix ans ? Ce n'est en tout cas pas forcément en tant que « second rôle » qu'on pense à lui mais en tant que membre d'un groupe soudé. Il incarne ce personnage sympathique avec son sourire qui creuse des fossettes et qui révèle des yeux rieurs ; un type aussi bon acteur que bon pote.

Dans sa filmographie, des longs-métrages tels que Mais qui a tué Paméla Rose ? (Eric Lartigaud, 2003) ou L'amour c'est mieux à deux (Dominique Farrugia et Arnaud Lemort, 2010) pourraient l'enfermer dans la case des comédies populaires. En plus, c'est facile mais dans « Comédie Française » - dont il est pensionnaire – il y a bien le mot « comédie ». Fin du portrait ?

Un acteur dramatique

Cela fait longtemps que Laurent Lafitte a prouvé son talent dans des rôles dramatiques, voire sombres. Ce n'est pas avec Au revoir Là-haut (Albert Dupontel, 2017) qu'il a fait son « tchao pantin » - Les Beaux jours (Marion Vernoux, 2013) ou Tristesse Club (Vincent Mariette, 2014) en attestaient déjà haut la main : Laurent Lafitte possède beaucoup de facettes dans son jeu. Dans Paul Sanchez est revenu ! (Patricia Mazuy, 2018), on le voit vieilli et abîmé ; la réalisatrice parle de son rôle comme d'un mélange de beauté à la Cary Grant et d'un personnage de seconde zone sorti d'une série b.

Néanmoins tout cela ne veut pas dire non plus que le comédien a quitté le registre humoristique. On en a la preuve encore récemment avec sa prestation dans Papa ou Maman (Martin Bourboulon, 2015 et 2016) ou encore avec son intervention hilarante avec le visage faussement retouché par la chirurgie esthétique lors de la dernière cérémonie des César.

Un Laurent Lafitte peut en cacher un autre

Malgré sa grande taille (1m90) et ses épaules carrées, à première vue Laurent Lafitte semble inoffensif et reste sympathique – si l'on se fie encore aux caractéristiques susmentionnées. Lui qui aime les personnages de double et tout le trouble qui en découle, on peut le dire maintenant : un Laurent Lafitte peut en cacher un autre. Quand son regard s'obscurcit et que les muscles de sa corpulence charpentée se raidissent, on ne rigole plus. Dans Elle (Paul Verhoeven, 2016), derrière ses aspects de type bien sous tout rapport se cache en réalité un psychopathe. A ce moment-là, il n'est plus un bon pote ni une bonne pâte.

Dans L'Heure de la sortie (Sébastien Marnier, 2019), en tant que professeur vacataire qui doit faire face à des élèves surdoués (et très étranges), ce n'est pas tant lui qui est inquiétant que le chemin que le film prend. En effet, en traitant notamment du harcèlement scolaire et – sur un mode pré-apocalyptique – de la menace écologique, L'Heure de la sortie vire au fantastique, impose une atmosphère trouble renforcée par la bande son faite de synthétiseurs et d'angoisse signée Zombie Zombie. Le film est très surprenant. Il en va de même pour Laurent Lafitte aussi, toujours aussi excellent.

L'Heure de la sortie, disponible dès le 23/11 sur CANAL+

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur CANAL+

Suivez Canalplus Cinema sur :

Facebook

Twitter

Instagram