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Le cinéma français voyage dans l'espace avec Proxima

Posté par Rosario Ligammari le 30 juillet 2020
Le cinéma français semble à des années-lumière de la science-fiction. Pourtant il y a des exceptions et Proxima en fait partie. Avec son voyage spatial, Alice Winocour fait à nouveau décoller le genre.
De Voyage Dans La Lune aux comédies de science-fiction

A l'origine, le septième art en France est représenté notamment par Georges Méliès avec Le Voyage dans la Lune, film qui remonte à 1902. Du cinéma tourné vers le futur. Depuis, on ne peut pas dire que la science-fiction soit le genre le plus courant dans la production hexagonale.

S'il y a bien eu de la science-fiction (Barbarella de Roger Vadim en 1968), on a pu constater qu'elle a été mélangée à la comédie, au point de donner à l'arrivée des films plus drôles que visionnaires, plus parodiques que contemplatifs, et ce de La Soupe aux choux à La Femme du cosmonaute (Jacques Monnet, 1998) en passant par L'Extraterrestre (Didier Bourdon, 2000), Un Ticket pour l'espace (Eric Lartigaud, 2006) ou Atomik Circus (les frères Poiraud, 2004). Oui, nous sommes loin de 2001 : L'odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968) ou de Blade Runner (Ridley Scott, 1982).

Un genre peu français

A l'époque de Dobermann (en 1997), Jan Kounen affirmait que le film de genre en France, c'était de la science-fiction, au sens où ça n'existait pas. Retour dans le présent. Il faut croire que le cinéma de science-fiction en France, est aussi – pour reprendre ses termes – de la science-fiction. Mais comme dans toutes les généralités, il y a heureusement des exceptions. Et Jan Kounen en fait partie. S'il n'a jamais réalisé de films de science-fiction à proprement parlé, le cinéaste peut-être vu comme un réalisateur « du futur », étant toujours à la pointe des innovations visuelles, et en tant que réalisateur qui explore d' « autres mondes » pour paraphraser le titre de son documentaire sorti en 2004.

A ses côtés, citons des réalisateurs de la même génération, Caro et Jeunet. Les deux compères ont fait ensemble deux longs-métrages qui contiennent beaucoup d'éléments de science-fiction : Delicatessen (1991) et La Cité des enfants perdus (1995). Et surtout, chacun de leur côté, ils ont réalisé leur film totalement SF : Alien, La Résurrection (1997) pour Jean-Pierre Jeunet et Dante 01 (2008) pour Marc Caro.

Toujours des exceptions

Bien sûr, il y a aussi Le Cinquième Élément (1997). Même si à l'écran on y voit principalement des Américains, une grande partie de l'équipe est française, de la musique du compositeur fétiche de Besson Eric Serra aux costumes signés Jean-Paul Gaultier. On peut citer encore Babylone A.D (2008) de Mathieu Kassovitz, tiré qui plus est du livre Babylone Babies (1999) de Maurice Dantec, écrivain « nord-américain de langue française » pour reprendre ses termes. N'oublions pas non plus Enki Bilal qui – transition logique – est passé de la bande dessinée au cinéma d'animation avec Immortel (Ad Vitam) (2004). Enfin, le cinéma français de science-fiction compte aussi quelques perles comme Star Suburb : La banlieue des étoiles (1983) du regretté Stéphane Drouot.

Et voici Proxima (Alice Winocour, 2019). Sarah (jouée par Eva Green) est une astronaute française qui, seule au milieu des hommes, part à la conquête spatiale pour une mission d'un an nommée Proxima. Proche des étoiles, elle va devoir supporter le fait d'être loin de sa fille. Plus qu'un film aux velléités futuristes, Proxima est, à l'instar d'Ad Astra (James Gray, 2019) ou Gravity (Alfonso Cuaron, 2013), un film intimiste dans l'espace. Et le cinéma français de voyager à nouveau dans la lune.

Proxima, disponible dès le 04/08 sur CANAL+

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