Le légendaire Vidocq revient dans L'Empereur de Paris

Posté par Rosario Ligammari le 1 Octobre 2019
Vidocq est une figure héroïque récurrente de la fiction. Sur grand comme sur petit écran, le bagnard devenu détective a été interprété aussi bien par Claude Brasseur que par Gérard Depardieu. Dans L'Empereur de Paris, c'est Vincent Cassel qui se glisse dans la peau de ce personnage « bigger than life ».
Vidocq : l'homme aux multiples vies...

C'est incontestable : Eugène-François Vidocq habite l'inconscient collectif. Incarnant une figure historique et héroïque du Paris sous l'ère de Napoléon, l'homme aux rouflaquettes est – dans l'ordre chronologique – délinquant, bagnard, policier, détective privé, jusqu'à devenir son propre biographe ; il est aujourd'hui, en un mot, une légende. Son histoire semble tout droit sorti d'un livre d'aventure et pourtant, contrairement à Arsène Lupin, tout est vrai.

Son ami Honoré de Balzac s'inspire de lui pour Vautrin (le surnom donné à Vidocq, qui veut dire « sanglier » en patois) dans La Comédie humaine (Le Père Goriot, 1834 ; Splendeurs et misères des courtisanes, 1838). En écrivant Les Misérables (1862), Victor Hugo pense à Vidocq pour le personnage de Jean Valjean. Avec l'arrivée du cinéma puis de la télévision, de nombreux acteurs (et pas des moindres) font renaître cet homme aux plusieurs vies et aux multiples identités.

… et aux multiples films

Dès 1911 – soit cinquante-quatre ans après sa mort – Gérard Bourgeois réalise un long-métrage à son nom donc en son honneur, Vidocq, interprété par l'acteur charpenté Harry Baur. Jacques Daroy quant à lui s'intéresse à la période pendant laquelle il est le roi de l'évasion. Même le réalisateur baroque Douglas Sirk reprend sa vie flamboyante sous le titre Scandale à Paris (avec George Sanders dans le rôle). Enfin, Gérard Depardieu l'incarne dans le long-métrage éponyme de Pitof (Vidocq, en 2001). A ce titre, Vidocq devient ainsi malgré lui un laboratoire d'expérimentations puisque le film est connu pour être le premier à avoir été tourné intégralement en numérique.

Du côté de la télévision, Claude Brasseur l'incarne dans la série Les Nouvelles aventures de Vidocq (Georges Neveux et Marcel Bluwal, entre 1971 et 1973). Les « nouvelles », c'est le cas de le dire : pour l'homme qui se vantait d'être à l'origine de vingt-mille arrestations, son histoire est une inépuisable source de fiction, et encore aujourd'hui – la preuve avec L'Empereur de Paris.

Plus grand que la fiction

Si Vidocq est « bigger than life », on serait tenté de dire qu'il est même plus grand que la fiction. Le rôle d'Eugène-François Vidocq fait office de transition impeccable pour Vincent Cassel et Jean-François Richet, une dizaine d'années après avoir tournés ensemble le diptyque sur Jacques Mesrine, L'Instinct de mort (2008) et L'Ennemi public n°1 (2008).

Avec L'Empereur de Paris, l'acteur incarne ainsi une autre figure délinquante ambiguë elle-même connue pour ses multiples évasions. « Deux personnalités qui ont su dire non » d'après Jean-François Richet. Quant au réalisateur, il offre à Vidocq, en plus d'une brillante reconstitution de Paris post-Révolution, des scènes d'action spectaculaires comme il sait les faire – rappelons qu'il est aussi le réalisateur dont John Carpenter a accepté qu'il s'empare de son film culte Assaut (1976) avec Assaut sur le central 13 (sorti en 2005).

En somme, dans l'inconscient collectif autant qu'au cinéma, Vidocq n'est pas prêt de mourir.

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