Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Les Baronnes : quand les romans graphiques inspirent les films

Posté par Rosario Ligammari le 22 Avril 2020
De Watchmen à Tamara Drewe, les graphic novels (romans graphiques) représentent une grande source d'inspiration pour le cinéma. La preuve encore avec Les Baronnes, un braquage au féminin adapté du roman graphique The Kitchen.
De Watchmen à Sin City

A l'origine, le terme « graphic novel » apparaît dans les années 60 dans le but de faire la distinction avec la bande dessinée ayant une connotation trop enfantine ; « graphic novel » désigne alors ces livres pour adultes contenant du texte et du dessin. Et quelle est la différence entre les graphic novels et les comics ? Les comics sont des séries avec une histoire qui s'étend dans le temps alors que les graphic novels se limitent à quelques tomes, voire à un seul.

Et s'il y a un roman graphique marquant, c'est bien Watchmen (1986-87), écrit par Alan Moore, dessiné par Dave Gibbons et John Higgins. Cité par le Time parmi les cent meilleurs romans en langue anglaise depuis 1923, Watchmen a été adapté au cinéma en 2009 par Zack Snyder (Watchmen : Les Gardiens) : et, on peut le considérer comme un film très... « graphique ». A mi-chemin entre comic et graphic novel, Sin City (Frank Miller, 1991-2001) a été aussi porté à l'écran (par Robert Rodriguez et Miller lui-même, en 2005 et 2014). A son sujet, on pourrait presque parler de « blockbuster expérimental », avec son noir et blanc retravaillé numériquement mais avec son sang rouge (comme dans les livres de Miller) ou encore ses arrêts sur image qui évoquent non plus des plans fixes mais des images de storyboard.

Des romans (cinémato)graphiques

Il est tout à fait logique que le cinéma y trouve une grande source d'inspiration tant les graphic novels représentent des storyboards complètement adaptés au cinéma. Pour illustrer cela, on peut citer Trente jours de nuit (Davis Slade, 2007) : le film reprend le roman graphique éponyme sorti en 2002 dessiné par Ben Templesmith et signé Steve Niles, auteur spécialiste de l'horreur.

Et du côté des femmes ? Eh bien, il suffit de se tourner vers l'immense succès de Perspepolis (2000) le roman « autobio-graphique » de Marjane Satrapi. L'auteure a adapté elle-même (avec Vincent Paronnaud) son livre en film d'animation et a remporté le Prix du Jury à Cannes en 2007. Un autre exemple ? Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh (sorti en 2010) a inspiré Abdellatif Kechiche pour La Vie d'Adèle (2013). D'ailleurs, dans les pays anglo-saxons, le titre de la Palme d'or 2013 n'est autre que Blue Is the Warmest Color.

Les Baronnes, un film tiré d'un graphic novel

La dessinatrice et écrivaine Posy Simmonds a également inspiré le cinéma. Tamara Drewe (2007) a été adapté par Stephen Frears en 2010, et Gemma Bovery (2000) par Anne Fontaine en 2014, avec ce point commun : les deux héroïnes du titre ont été interprétées par la même Gemma Aterton.

Pour rester dans les personnages féminins, Les Baronnes (Andrea Berloff, 2019) est aussi une adaptation, celle de The Kitchen (Ollie Masters et Ming Doyle, 2015). Comme le roman graphique en plusieurs tomes dont il est tiré, le film raconte l'histoire de trois femmes –Kathy (Melissa McCarthy), Ruby (Tiffany Haddish) et Claire (Elisabeth Moss) – qui reprennent les affaires de leurs gangsters de maris dans le New York de 1978. L'intrigue rappelle celle du film Les Veuves (Steve McQueen, 2018) ou Ocean 8 (Gary Ross, 2018), dans le style « braquage au féminin ». Et Les Baronnes de prouver une fois de plus qu'un roman graphique est par définition cinématographique.

Les Baronnes, disponible dès le 25/04 sur CANAL+

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur CANAL+

Suivez CANAL+ Cinéma  sur :

Facebook

Twitter

Instagram