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Les César 2020 : 3 cinémas radicalement différents dans le Top 5 des nominations.

Posté par Cinéma Canal le 29 janvier 2020
Sur la première marche du podium des nominations : J'Accuse, de Roman Polanski (12 nominations). Suivi des Misérables, de Ladj Ly, ex-aequo avec La Belle Epoque, de Nicolas Bedos, (11 nominations chacun) et enfin Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma (10 nominations). Si la présence du film de Nicolas Bedos montre que l'Académie est de plus en plus sensible aux succès des films en salles, celle de Roman Polanski, de Ladj Li, et de Céline Sciamma montre qu'elle assume de défendre trois formes de cinéma totalement différents, même à l'époque post #MeToo.

Evidemment, la présence aussi marquée dans les nominations du film de Roman Polanski va faire couler beaucoup d'encre. Réponse d'Alain Terzian, Président de l'Académie des César : Les César ne doivent pas "avoir des positions morales". A la question "faut-il séparer l'homme de l'artiste ?", l'Académie a donc tranché en faveur du réalisateur, et de son travail, brillant, pour son dernier film mettant en scène Jean Dujardin et Louis Garrel, respectivement dans le rôle du colonel Picquart et du capitaine Dreyfus. Au delà de ses qualités artistiques indéniables, le film de Polanski apparaît comme une nécessaire piqûre de rappel l'heure où l'antisémitisme tue encore en France. 

 

Et dans le genre piqûre de rappel, le film de Ladj Ly, Les Misérables, est carrément un coup de poing. Film historique pour Polanski VS la France des années 2010 pour Ladj Ly, tourné au coeur d'une cité de Clichy-Montermeil par un de ses anciens habitants, le film a connu une histoire absolument dingue, du Festival de Cannes aux Oscars, où il est nommé dans la catégorie meilleur film étranger. Il nous propose un cinéma radical, intense, sans issue, énervé, révolté, tant à la fois contre la misère aux portes d'un Paris de plus en plus riche, que contre les violences policières, étouffées, le plus souvent, pour ne pas risquer à nouveau l'embrasement de 2005. Jusqu'à quand ? 

 

Face à Roman Polanski et Ladj Ly, le cinéma de Céline Sciamma est radicalement différent : vision fantasmée de l'adolescence dans Naissance des pieuvres ou de la banlieue dans Bande de filles, la réalisatrice nous propose cette fois un film brûlant sur le désir des femmes pour les femmes, en costumes, au XVIIIème siècle. Et, franchement, après tant d'années où la femme a été objectivée essentiellement par l'homme, la voir objectivée par une autre femme, derrière le regard d'une réalisatrice, et pas d'un réalisateur mâle qui projetterait ses propres fantasmes sur une relation dont il ne connait absolument rien, c'est on ne peut plus précieux. En tout cas, ce Portrait de la Jeune fille en feu nous a littéralement consumé à petits feux.  


Enfin on rappellera que comme l'explique l'Académie sur son site, les César sont attribués par un vote secret à deux tours, auquel peuvent participer tous les membres de l’Académie à jour de leur cotisation (4313 actuellement), portant sur les films sortis en salles entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année précédente. La procédure de vote respecte des critères très exigeants : vote réservé aux seuls membres actifs de l’Académie, présentation exhaustive et équitable des personnes et des films éligibles, garantie de l’anonymat des votes et de la non-communication à aucun tiers du fichier des électeurs, garantie de la confidentialité des résultats.
 

Alors, quelle vision du cinéma l'emportera ? Réponse le 28 février en clair, en direct et seulement sur CANAL+. 

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