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Au coeur de la guerre d'Indochine avec Les Confins du monde

Posté par Rosario Ligammari le 17 Janvier 2020
Le cinéma français compte peu de fictions sur la guerre d'Indochine. Film brutal et envoûtant, Les Confins du monde aborde le sujet avec une grande stylisation, comme une façon d'immerger le spectateur au cœur du propos.
Les Français et le film de guerre

Cela ne fait aucun doute : aux États-Unis, les films sur la guerre du Vietnam sont nombreux. De grands réalisateurs se sont accaparés du sujet : Francis Ford Coppola avec Apocalypse Now (1979), Michael Cimino avec Voyage au bout de l'enfer (1979), Stanley Kubrick avec Full Metal Jacket (1987)... Au-delà d'être des films de guerre importants, on peut parler de chefs-d’œuvre. En revanche, le film de guerre ne semble pas être la spécialité du cinéma français. Pourtant il y en a.

Terminée en juin 1962, la guerre d'Algérie est restée pendant quelques temps un sujet tabou. Il a fallu attendre la fin des années 60 pour que des films abordent le sujet de façon plus frontale ; même si un grand cinéaste comme Jean-Luc Godard a tourné Le Petit Soldat en 1963, qui est tout de même son deuxième long-métrage après A bout de souffle (1960). On peut citer encore des réalisateurs comme Philippe Garrel avec son film Liberté la nuit (1984), Alexandre Arcady avec Le Coup du sirocco (1979) et Ce que le jour doit à la nuit (2012), Pierre Schoendoerffer avec L'Honneur du capitaine (1982)...

La guerre d'Indochine dans le cinéma français

Pierre Schoendoerffer est à ce propos un réalisateur français emblématique du film de guerre. Cela est étroitement lié à son parcours. En même temps qu'il intègre le Service cinématographique des armées, le cinéaste part en Indochine où il est nommé Caporal-Chef – au passage, c'est là qu'il y rencontre son chef-opérateur Raoul Coutard. Sur ce thème, Schoendoerffer réalise notamment 317ème section (1965), un film-document justement très proche du documentaire, ou encore Diên Biên Phu (1992), qui relate l'un des moments-clé de la guerre d'Indochine là encore avec une grande authenticité.

Claude Bernard-Aubert aussi s'est fait une spécialité des films sur l'Indochine, et pour cause : il y a été en tant que reporter de guerre de 1949 à 1954. Cela lui a inspiré son premier long-métrage Patrouille de choc (1957), Le facteur s'en va-t-en guerre (1966) puis, plus tard, Charlie Bravo (1980).

Les Confins du monde, document important et grand film

Cela ne fait aucun doute : hormis ces quelques exceptions, il est vrai que les longs-métrages de fiction sur la guerre d'Indochine restent rares en France, en tout cas moins marquants que les films américains sur leur propre Histoire. Il y a tout de même encore, ne l'oublions pas, le film Indochine (Régis Wargnier) qui, lui, n'a pas été oublié de la liste des classiques historiques.

Mais la question aujourd'hui est : comment attirer les spectateurs avec un sujet comme celui-ci ?

Les Confins du monde de Guillaume Nicloux (2018) se déroule juste après la Seconde Guerre mondiale ; pendant ce temps-là, le conflit en Indochine se durcit. Fort de ses expériences en tant que réalisateur protéiforme (il s'est essayé à tous les genres ou presque), Guillaume Nicloux ne se contente pas d'une simple reconstitution historique ; il apporte à son film une dimension charnelle, surnaturelle, à la lisière du métaphysique, qui plus est habité par deux figures charismatiques que sont Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu. En plus d'être une reconstitution pertinente de la guerre d'Indochine, c'est un grand moment de cinéma.

Les Confins du monde, disponible dès le 21/01 sur CANAL+CINEMA

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