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LUCA, la bromance de Pixar qui sent bon la dolce vita

Posté par Alexis Lebrun le 18 juin 2021
Sorti juste à temps sur Disney+ pour l’arrivée des beaux jours, le dernier long-métrage d’animation du studio est la quintessence du blockbuster familial estival. Visuellement aussi enchanteur que chatoyant, ce LUCA est la meilleure publicité imaginable pour le ministère du tourisme italien, en même temps qu’une invitation à replonger dans les délices du cinéma transalpin.
Douceur de vivre

Ah la Riviera italienne… Qui ne rêverait pas de passer un été dans cette région mythique et immortalisée maintes fois au cinéma ? Pixar l’a bien compris, et c’est donc dans une ville inspirée du Gênes d’il y a soixante ans que sont plantés les magnifiques décors en 3D du nouveau film du studio. On y suit les aventures de Luca, un petit garçon qui découvre le temps d’un été les joies de l’incomparable douceur de vivre italienne, ses pâtes liguriennes, ses glaces crémeuses et ses scooters Vespa qui déambulent dans de petites ruelles figées dans le temps, le long d’une côte baignée de soleil.

Luca ne connaît rien de tout cela, car c’est en réalité un monstre marin qui vient de son propre monde situé sous l’eau. Il est initié à tous les plaisirs sus-cités par Alberto, un autre monstre marin de son âge, avec qui il se lie d’amitié mais découvre aussi les dangers qui les guettent : dès qu’ils sont en contact avec de l’eau, ils perdent leur forme humaine et redeviennent des monstres marins mis en danger par les pêcheurs comme Massimo, le père de leur amie intrépide Giulia, qui les accompagne dans leurs aventures.

Retour à la simplicité

Les choses simples sont souvent les meilleures, et LUCA le prouve assez admirablement. Après le très adulte SOUL (Pete Docter, 2020), dont la complexité et les thèmes abordés pouvaient être difficiles à appréhender pour les plus jeunes, LUCA marque le retour de Pixar à un cinéma d’animation familial dont la simplicité est la grande force. Signé par l’artiste italien Enrico Casarosa – dont c’est le premier long-métrage après le joli court LA LUNA réalisé pour Pixar en 2011 et nommé aux Oscars –, LUCA est une ode à l’amitié et à la Ligurie où le réalisateur a grandi. Enrico Casarosa s’est inspiré des étés de sa jeunesse pour raconter cette histoire traditionnelle de passage à l’âge adulte, qui célèbre comme beaucoup de films Pixar les valeurs de tolérance et de respect des différences, ce qui ne fait pas de mal par les temps qui courent.

Pas loin d’être aussi nécessaire, LUCA brille surtout par le dépaysement qu’il offre à un monde qui ne voit pas encore le bout des restrictions sanitaires sur les déplacements. Le film est visuellement très réussi et sa représentation très colorée et lumineuse des « Cinque Terre » de la Riviera italienne ne donne qu’une seule envie : pouvoir se téléporter dans ces décors aussi intemporels que le message d’ouverture prôné par le scénario. Cette réussite technique ne doit rien au hasard : au-delà de l’expertise inégalable de Pixar en la matière, le studio a envoyé ses artistes sur place pour capter l’essence très particulière de cette région et rendre hommage à son folklore et ses habitants hauts en couleur, sans jamais les moquer.

Un hommage à l’âge d’or du cinéma italien

Si le réalisateur de LUCA se dit ouvertement influencé par le travail pionnier de Hayao Miyazaki – dont le film PORCO ROSSO (1992) sert de base au nom de la ville où prend place LUCA –, son premier long-métrage est surtout une déclaration d’amour aux grands réalisateurs italiens de l’âge d’or du cinéma italien (1950-1980) comme Federico Fellini. Pour ce dernier, Enrico Casarosa cite comme références LES VITELLONI (1953), avec qui les parallèles sont évidents dans l'intrigue, mais aussi LA STRADA (1954) (à qui le film fait plusieurs clins d’œil), sans oublier l’immense classique HUIT ET DEMI (1963), où joue Marcello Mastroianni, dont la fille Chiara double d’ailleurs la mère de Luca dans le film de Pixar.

D’autres grands maîtres du cinéma italien sont aussi évoqués par Casarosa, comme Roberto Rossellini pour STROMBOLI (1950) et Luchino Visconti pour LA TERRE TREMBLE (1952). Plus inattendu, il s’est aussi inspiré de l’histoire d’amitié d’un autre film classique sur le passage à l’âge adulte, STAND BY ME (Rob Reiner, 1986). Enfin, le réalisateur s’est dit aussi très influencé par l’animation 2D et en stop-motion, une technique dont il a admiré l’usage fait par Wes Anderson dans FANTASTIC MR. FOX (2009) et L'ÎLE AUX CHIENS (2018). On fait pires modèles.

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