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MAFIA INC. : les parrains québécois ne déconnent pas

Posté par Alexis Lebrun le 30 juillet 2021
Genre peu représenté dans le cinéma de la Belle Province, le film de gangsters est le nouveau terrain exploré par le réalisateur canadien Podz dans MAFIA INC. (2019), un long-métrage ambitieux qui n’a pas à rougir face aux grosses productions et aux références les plus réputées.
Ma famille d’abord

MAFIA INC. respecte les codes des films de gangsters, puisqu’il s’agit avant tout d’une histoire familiale faite d’ambitions personnelles et de trahisons qui finissent mal. Issu d’une famille d’immigrés siciliens (évidemment), Frank Paternò est un parrain très influent et respecté de la mafia québécoise. Mais il prend inévitablement de l’âge, et il est soucieux de passer du côté de la légalité et de laver son nom en blanchissant sa fortune avec un énorme projet immobilier. Au même moment, son homme de confiance (Vince Gamache, joué par Marc-André Grondin), dont les dents rayent le parquet, réalise un gros coup de son côté sans l’aval de personne, dans le but d’en mettre plein la vue à Frank.

On ne va pas spoiler, mais le plan qu’il met en œuvre est particulièrement sordide, et lorsque Giaco, le fils aîné de Frank et rival de Vince découvre le pot aux roses, l’engrenage de la violence s’enclenche, et les dominos commencent à tomber de tous les côtés. Car Vince n'est pas issu de n'importe quelle famille. Les Gamache sont des tailleurs : son père Henri coud les costumes de la famille Paternò depuis des lustres, en se tenant éloigné au maximum de leurs actions violentes. Et Vince a aussi une sœur (Sofie), fiancée avec le plus jeune fils de Frank, Patrizio. Quand les deux familles se déclarent la guerre, c'est donc elle qui se retrouve dans la situation la plus inconfortable.

Mafia sans frontières

Adapté du livre d’enquête éponyme des journalistes André Cédilot et André Noël sur la mafia sicilienne du Québec, le long-métrage de Podz est un véritable hommage aux grandes références du film de mafia. De son vrai nom Daniel Grou, le réalisateur québécois a bénéficié d’un budget conséquent pour donner un souffle spectaculaire à son incursion dans un genre archi-rebattu, dont il propose une vraie vision personnelle. MAFIA INC. est à ce titre beaucoup plus réussi qu’un autre film québécois sur le milieu du crime organisé : OMERTÀ (Luc Dionne, 2012), long-métrage dérivé de la série du même nom qui avait été diffusée en France à la fin des années 1990. Dans la catégorie « histoires de familles mafieuses qui se déchirent », MAFIA INC. succède aussi à quelques pépites récentes comme le remarquable LES OISEAUX DE PASSAGE (Ciro Guerra et Cristina Gallego, 2018), qui raconte la naissance des cartels de la drogue en Colombie dans les années 1970, et les guerres intestines qui vont avec entre familles locales.

Au rayon des embrouilles mafieuses familiales, on se souvient que la décennie avait commencé fort avec le très bon ANIMAL KINGDOM (David Michôd, 2010), qui mettait en scène une famille de criminels de Melbourne, avec les inévitables trahisons et obligations pour chacun de choisir son camp. Plus récemment, LEGEND (Brian Helgeland, 2015) s’est lui intéressé à la collaboration mouvementée entre deux jumeaux bien connus du crime organisé britannique, Ronnie et Reggie Kray, incarnés tous les deux par le seul Tom Hardy. Enfin, difficile de ne pas finir sans citer une référence américaine, le très réussi NOS FUNÉRAILLES (Abel Ferrara, 1996), dans lequel une famille mafieuse s’autodétruit après l’assassinat d’un des membres de la fratrie. Mais vous le saviez déjà : les histoires familiales finissent mal, en général.

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