MINARI, le beau rêve américain d’une famille d’origine coréenne

Posté par Marc Larcher le 11 avril 2022
Cette histoire de la difficile intégration d’une famille dans l’Arkansas rural a triomphé partout dans le monde. Avec au passage un étonnant duo entre une grand-mère et un petit garçon.
Un des films les plus décorés de 2021

Attention, ce film est un aimant à nominations et distinctions aux quatre coins de la planète. Présenté en « sélection officielle » au festival de Sundance en janvier 2020, il y a obtenu le Grand prix du jury et le Prix du Public. Nommé six fois aux Oscars 2021, il a également permis à l’actrice Youn Yuh-jung de remporter l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle devant la crème du cinéma anglo-saxon : Glenn Close, Amanda Seyfried et Olivia Colman. On n’oublie pas pour autant le Golden Globe 2021 du meilleur film en langue étrangère.

Eloge de la famille et de l’effort

Voilà pour les décorations et si ce film a reçu un tel accueil, c’est peut-être qu’il dépeint un sujet de prédilection du cinéma : une famille apparemment dysfonctionnelle. En l’occurrence, un couple d’origine coréenne qui s’installe dans les années 80 non pas à New York ou Los Angeles comme dans de nombreux films mais dans une petite ferme de l'Arkansas. Soit en plein Midwest à mille lieux de leur univers original. Pour survivre, les parents travaillent dur dans une entreprise de sexage  de poussins, et le père tente de lancer une production de légumes coréens, en visant le marché de leur communauté. Leurs difficultés ne s’arrêtent pas là : leur jeune fils David souffre d'une maladie du cœur, source d'inquiétude pour sa mère. Cette vie difficile pèse sur le couple, causant de fréquentes disputes qui perturbent leurs enfants. Une solution se profile cependant à l’horizon : pour aider à garder les enfants et soulager la solitude de Monica, la mère de famille, ils décident de faire venir de Corée Soon-ja, la grand-mère maternelle. Désormais, le jeune David doit partager sa chambre avec cette grand-mère qui ne correspond pas à son idéal et amène avec elle des coutumes d'un pays dans lequel il n'a jamais vécu. La vieille dame est pleine de surprises : sournoise, grossière, elle est aussi incroyablement aimante et c’est elle qui a eu la bonne idée d’amener avec elle des graines de minari, une plante utilisée fréquemment dans la cuisine coréenne, qu'elle sème près de la rivière voisine. Peut-être un début de solution quand le père doit affronter des difficultés pour l'approvisionnement en eau de ses cultures. 

Savoir partager son toit et ses forces

C’est donc un film sur la difficulté de réussir son « rêve américain », surtout quand on vient de loin ou qu’on débarque à la campagne après la ville, sur la culture coréenne de l’effort, sur l’importance des liens familiaux et sur l’apprentissage que font les générations entre elles lorsqu’elles vivent sous le même toit. Mais il sert aussi d’avertissement au spectateur sur l’importance du lien à la terre, à ses racines, et à l’environnement en règle générale. Car dans ce film habile, la sécheresse en eau peut aussi s’apparenter à la sécheresse des sentiments lorsqu’ils restent trop longtemps enfermés et privés de lumière.

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