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Mon bébé ou le syndrome du nid vide

Posté par Rosario Ligammari le 7 Décembre 2019
Certains parents ont du mal à accepter que leur enfant quitte le foyer familial. On appelle cela le « syndrome du nid vide ». C'est le sujet de Mon bébé de Lisa Azuelos, réalisatrice qui sait bien de quoi elle parle...
Un nouveau départ

De Trois hommes et un couffin (Coline Serreau, 1985) à En cloque mode d'emploi (Judd Apatow, 2007), la naissance et tout ce qui tourne autour (questions existentielles, maladresses avec le bébé...) représentent de formidables prétextes à la comédie. Mais, halte au titre trompe-l’œil – et surtout ironique – Mon bébé (Lisa Azuelos, 2019) n'est pas un film sur, comme on dit, l'arrivée d'un heureux événement. C'est un feel good movie qui traite de la tragédie que vivent les parents quand l'enfant – devenu grand – quitte... le foyer familial.

Comme Paula (interprétée par Louane) dans La Famille Bélier (Eric Lartigau, 2014), le jour est arrivé pour Jade (Thaïs Alessandrin) de voler de ses propres ailes ; et à la mère (Sandrine Kiberlain) de connaître ce qu'on appelle « le syndrome du nid vide », autrement dit la déprime qui suit le départ des enfants.

Rapports mère-enfant

Mon bébé est un film sur la maternité, oui, quand il s'agit de couper pour de bon le cordon ombilical, mais cette fois-ci au sens figuré du terme. La jeune fille part, mais pas pour aller vivre à quelques pâtés de maison de chez sa mère ; c'est direction le Canada qu'elle va poursuivre ses études. A partir d'un sujet intemporel et universel, Mon bébé est non seulement un film qui touche émotionnellement, mais qui est aussi en connexion avec l'actualité, abordant notamment le phénomène des parents qui parfois ont du mal à « grandir »  alors que leurs enfants sont, eux, majeurs (ou presque).

Sur un ton humoristique, ce genre d'image renvoie par exemple au film Les Beaux Gosses (Riad Sattouf, 2009), lorsque la mère collante (jouée par Noemie Lvovsky), s'incruste dans une soirée adolescente où elle n'est pas invitée. On pense encore à Telle mère telle fille (Noémie Saglio, 2017), ou « l'inversion des rôles » entre une mère-adolescente et sa fille qui se comporte, elle, « en adulte ».

De l'autodérision pour Lisa Azuelos

Dans Mon bébé, par rapport aux films précités, la relation entre la mère et la fille est encore autre : elle est fusionnelle. Et si le long-métrage de Lisa Azuelos évoque ce fameux pincement au cœur connu de tous les parents qui ont de « grands enfants », il est surtout là pour faire rire. La réalisatrice est une habituée des comédies, il suffit de citer LOL pour le rappeler (et sa version américaine réalisée par elle-même, LOL USA, en 2012), déjà un film sur les relations mère-fille avec Sophie Marceau qui, depuis La Boum (Claude Pinoteau, 1980) est devenue à son tour maman d'une ado.

Elle-même mère de trois enfants, Lisa Azuelos est la première concernée par le sujet et ne se prive donc pas d'autodérision. Dans Mon bébé, la dimension autobiographique est encore plus explicite quand on sait qu'elle a fait tourner sa fille Thaïs – et ce pour la troisième fois (après LOL en 2009 et Une rencontre en 2014). La cinéaste peut donc être rassurée : sa fille semble loin de la quitter.

Mon bébé, disponible dès le 17/12 sur CANAL+

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