Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

MUTAFUKAZ, adaptation explosive de la BD culte d’Ankama

Posté par Cinéma Canal le 27 mai 2021
Sorti un peu trop discrètement au cinéma en 2018, le deuxième film d’Ankama Animations s’offre une session de rattrapage puisqu’il est disponible pour la première fois sur Netflix. L’occasion de (re)découvrir un long-métrage d’animation unique, fruit d’une collaboration entre Guillaume « Run » Renard, le créateur de la bande dessinée MUTAFUKAZ, et les animateurs japonais très réputés de Studio 4°C.
Welcome to Dark Meat City

MUTAFUKAZ, c’est d’abord un hommage contrasté à une ville, la célèbre Cité des Anges de la côte Ouest : Los Angeles. Dans l’univers de Guillaume « Run » Renard, scénariste du film et auteur de la BD éponyme, on retrouve tout ce qui fait la réputation de Los Angeles, mais dans une version fantasmée de la ville, nommé Dark Meat City. C’est dans un de ses quartiers crasseux et craignos que vit ou plutôt survit le héros de MUTAFUKAZ, Angelino, un gringalet qui ne ressemble pas vraiment à monsieur Tout-le-monde et qui enchaîne les petits jobs et vit en colocation dans un appartement sordide et infesté de cafards avec son pote Vinz, un branleur au physique lui aussi atypique, puisque sa tête est en feu.

Le traintrain quotidien du duo est brusquement perturbé lorsqu’Angelino a un accident de scooter après avoir croisé le regard d’une mystérieuse jeune femme (Luna), ce qui les lance dans une aventure improbable où ils sont flanqués d’un troisième larron, une chauve-souris qui est un énorme boulet (Willy). Traqués par des tueurs habillés comme dans MEN IN BLACK, nos trois losers réalisent vite qu’ils sont impliqués dans un complot mondial qui les dépasse et qui met la survie de l’humanité en péril. Leur amitié va aussi être mise à rude épreuve, et Angelino va peut-être en apprendre plus sur ses mystérieuses origines et sur des pouvoirs qu’il ignore…

L’adaptation d’un best-seller de la BD française

Les fans des bandes dessinées Ankama le savent : avant d’avoir été un film dont la gestation a été assez longue, MUTAFUKAZ a d'abord été l’un des premiers titres publiés par la maison française à son lancement en 2006. Au fil des années, le succès de la BD très punk de l’auteur français Guillaume « Run » Renard ne s’est jamais démenti, si bien que les six volumes que compte la série se sont vendus à plus de 150 000 exemplaires. Son adaptation en film est très fidèle à l’univers imaginé par son créateur, puisqu’on y retrouve notamment ce mélange caractéristique d’influences hip-hop et sci-fi, avec des hommages plus qu’appuyés à la culture mexicaine (avec la lucha libre) ainsi qu’à des jeux comme GTA: San Andreas (avec les gangs violets et verts), sans oublier des références claires à un film culte de John Carpenter, INVASION LOS ANGELES (1988).

Comme la BD aussi, le film MUTAFUKAZ est réservé à un public averti : c’est une œuvre gore et violente qui prend place dans un univers tout sauf édulcoré, et qui profite aussi de la contribution du coréalisateur Shōjirō Nishimi et du décorateur Shinji Kimura, déjà présents en 1988 sur AKIRA (Katsuhiro Ōtomo), un film dont l’influence se fait d’ailleurs clairement ressentir sur MUTAFUKAZ.

Une collaboration franco-japonaise

Ankama n’en est pas à son coup d’essai au cinéma. En 2015, DOFUS, LIVRE 1 : JULITH (Anthony Roux et Jean-Jacques Denis) avait été lancé dans les salles, misant sur l’univers très populaire de Krosmoz. Mais pour cette adaptation de MUTAFUKAZ, Ankama a fait appel à une référence du genre, les Japonais de Studio 4°C, pour créer notamment les dessins nécessaires à l’animation traditionnelle du film, qui va totalement à rebours de la domination actuelle des images de synthèse. Très récemment, Studio 4°C s’est par exemple chargé d’une adaptation visuellement très réussie de manga : LES ENFANTS DE LA MER (Ayumu Watanabe, 2019), qui éblouit par sa représentation féérique des fonds marins.

De son côté, Guillaume « Run » Renard a aussi une certaine expérience en la matière, puisqu’avant même de sortir les BD MUTAFUKAZ, il avait réalisé en 2002 le court-métrage MUTAFUKAZ : OPERATION BLACKHEAD, nommé au prestigieux festival du film de Sundance en 2003. On y retrouvait déjà les personnages Angelino et Vinz dans une scène qui a été reprise et largement améliorée dans le film sorti en 2018. Doté de moyens évidemment beaucoup plus importants, le long-métrage peut aussi compter sur un trio de doubleurs bien choisis pour ses personnages principaux, puisque les rappeurs Orelsan et Gringe sont accompagnés de l’humoriste et acteur Redouanne Harjane, passé par le Jamel Comedy Club. Et toujours au rayon cocorico, l’excellente musique du film est signée The Toxic Avenger. Direction Netflix donc pour en prendre plein les yeux et les oreilles pendant 90 minutes.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram