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NOTRE DAME ou Paris à travers la folie douce de Valérie Donzelli

Posté par Rosario Ligammari le 13 novembre 2020
Depuis dix ans maintenant, Valérie Donzelli se distingue au sein du cinéma français avec un style fantaisiste qui n'appartient qu'à elle. Dans NOTRE DAME, son cinquième long-métrage, la réalisatrice filme Paris et ses petites histoires en mêlant la romance et le burlesque, tout en y ajoutant même une petite touche de fantastique...
Notre Dame et dix ans de réalisation pour Valérie Donzelli

Dans NOTRE DAME (Valérie Donzelli, 2019), Maud Crayon, une architecte parisienne, se retrouve à la tête d'un énorme projet de réaménagement du parvis de Notre-Dame. Parallèlement, elle doit faire face à tout un tas d'obstacles et de péripéties, aussi bien concernant sa vie de famille que ses histoires de cœur. Alors qu'elle a toujours joué dans ses propres films, Valérie Donzelli avait donné le rôle principal à Anaïs Demoustier dans son dernier long-métrage MARGUERITE ET JULIEN (2015). Avec NOTRE DAME, ses fans peuvent à nouveau être comblés puisque Valérie Donzelli revient derrière et devant la caméra. Et c'est un film symbolique puisqu'il célèbre ses dix ans de cinéma en tant que réalisatrice de longs-métrages.

Durant ces dix années, on a appris à bien connaître la patte de Donzelli. Sur le plan de la mise en scène, on peut dire que la cinéaste appartient à un courant de réalisateurs inspirés par la Nouvelle Vague. Son précédent film part d'ailleurs d'un scénario de Jean Gruault à la base destiné à François Truffaut. Dans un style proche de celui de Valérie Donzelli, on pense à des réalisateurs loufoques et poétiques comme Benoît Forgeard ou Serge Bozon, lequel joue dans son premier film LA REINE DES POMMES (2009). Mais la réalisatrice se distingue par sa folie douce bien singulière...

Le style Donzelli

Depuis LA REINE DES POMMES (2009), la réalisatrice s'illustre dans un mélange des genres pour le moins surprenant, entre le mélodrame et le comique. Elle part d'un sujet sensible, pour ne pas dire triste, et en tire un film positif. Le meilleur exemple est bien sûr l'acclamé LA GUERRE EST DECLARÉE (2011), un long-métrage qui, inspiré par sa propre histoire, raconte le combat d'un couple pour sauver son enfant d'une tumeur au cerveau. Contre toute attente, le sujet est traité avec une tonalité très « pop », colorée, rose bien plus que morose. De plus, à l'instar de celui-ci, ses films flirtent sans cesse avec le burlesque, registre qu'elle apprécie en étant elle-même amatrice du cinéma de Charlie Chaplin et de Buster Keaton. En France, ses influences principales sont Jacques Demy et Jacques Tati.

En fait, quand bien même nous sommes assis devant l'écran, ses films donnent envie de se lever pour célébrer la vie. À défaut de parler de comédies musicales, on peut parler de films « musicaux ». Ce n'est pour rien que l'un d'eux s'intitule MAIN DANS LA MAIN (2012), comme le morceau d'Elli et Jacno bien sûr présent dans le film. De plus, LA GUERRE EST DECLARÉE est transcendé tout le long par le rythme de l'électro-pop (de Sébastien Tellier à Yuksek) comme pourrait l'être un film de Xavier Dolan. Dans ce même long-métrage, les personnages se déclarent leur amour en chanson.

Ville Lumière et film lumineux

Dans NOTRE DAME, Paris n'a jamais aussi bien porté son surnom de « Ville Lumière » ; à travers les yeux et la caméra de Valérie Donzelli, la capitale s'éloigne de la grisaille pour devenir plus lumineuse que jamais. On voyait déjà ce joli Paris dans son court-métrage IL FAIT BEAU DANS LA PLUS BELLE VILLE DU MONDE (2007). Ici Donzelli dévoile la richesse de l'architecture parisienne comme la Pyramide du Louvre ou les Colonnes de Buren. Et bien sûr Notre-Dame, qui a été filmée avant l'incendie, celui-ci étant survenu alors que le montage du film venait d'être terminé...

La musique, plus classique cette fois-ci, rythme son film. La dimension burlesque est toujours là avec quelques situations absurdes et certains protagonistes qui se mettent... des claques. Et il s'agit encore d'un film avec une part autobiographique puisque nous assistons aux réussites et aux échecs d'une femme quadragénaire qui, selon ses aveux, lui ressemble sur bien de points. De plus, si son personnage est architecte, elle-même a fait des études d'architecture. Car oui, c'est dans le cadre de ses études que Valérie Donzelli a dû initialement venir à Paris. On connaît la suite... Et l'on se réjouit qu'elle soit devenue cinéaste.

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