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Paradise Beach, le paradis avant l'enfer

Posté par Rosario Ligammari le 15 Avril 2020
Au cinéma, il faut parfois se méfier des plages paradisiaques : c'est dans ce genre de décor que les personnages peuvent se retrouver plongés en enfer. Pour les ex-braqueurs de Paradise Beach, le paradis se trouve à Phuket, en Thaïlande. Mais pour combien de temps ?
Paradis troublé

A quoi pourrait ressembler le paradis ? A une plage ensoleillée avec de sublimes paysages qui s'étendent à perte de vue. Il y a néanmoins un problème. Pour reprendre le titre d'un film d'Ernst Lubitsch de 1932, souvent il y a Trouble In Paradise. Le paradis est troublé quand des requins pointent le bout de leur aileron : depuis Les Dents de la mer (Steven Spielberg, 1976), une quantité impressionnante de séries b – de La Mort au large (Enzo G. Castellari, 1981) à Jurassic Shark (Brett Kelly, 2012) – a repris cette idée du bleu transparent tâché par le rouge du sang.

Le paradis peut être troublé encore par de simples rencontres humaines, comme dans Paradise Lost (Andrea di Stefano, 2014) ; en voyant ses vagues fabuleuses, un surfer pense avoir trouvé en Colombie le paradis sur mer, jusqu'à ce qu'on lui présente un certain Pablo Escobar (joué par l'inquiétant Benicio Del Toro). En Floride, avec sa plage, ses couleurs chatoyantes et ses fêtes interminables, Spring Breakers (Harmony Korine, 2013) commence dans l'ivresse et vire progressivement au bad trip.

Le paradis en Thaïlande

En fait, le paradis pourrait ressembler à une plage en Thaïlande ; ce n'est sans doute pas pour rien qu'Emmanuelle (Just Jaekin, 1974) a été tourné en partie à Bangkok. Le paradis peut là encore se ternir. Un exemple probant ? La Plage (Danny Boyle, 2000) ou la longue dégénérescence d'une communauté post-hippie installée sur l'île paradisiaque Kho Phi Phi Ley. Dans The Impossible (Juan Antonio Bayona, 2012), le tsunami – celui qui a réellement eu lieu le 26 décembre 2004 – ne tarde pas à séparer un couple et son enfant, transformant des vacances de rêve en cauchemar éveillé.

Le même tsunami noircit le tableau paradisiaque de la Thaïlande dans Vinyan (Fabrice du Welz, 2008). Si la scène d'ouverture montre une plage éblouissante, le sound design tremblant annonce l'angoisse. Le couple formé par Emmanuelle Béart et Rufus Sewell cherche son fils emporté par la catastrophe naturelle, jusqu'à sombrer dans la folie et traverser l'enfer.

La Thaïlande, un paradis aussi pour les Français

La Thaïlande a aussi inspiré des réalisateurs français, et mêmes des romanciers. Selon les descriptions de paysages de Plateforme (Michel Houellebecq), la Thaïlande est synonyme de paradis avant que là encore la situation ne dégénère ; c'est l'endroit idéal où vivre, et où mourir. L'intense Phi Prob (Johann Zarca, 2015), décrit l'inverse : d'emblée, le décor (Sukhumvit, un quartier chaud de Bangkok) est sombre mais avant tout parce que l'esprit du narrateur l'est. Pour revenir au cinéma, Pattaya (Franck Gastambide, 2016) montre à nouveau la Thaïlande – du moins la station balnéaire éponyme – comme un lieu de rêve.

Dans Paradise Beach (Xavier Durringer, 2018), le paradis du titre est Phuket. Il ne le sera pas pour longtemps pour d'anciens braqueurs (joués par les rappeurs Kool Shen, Seth Gueko, Nessbeal, Dosseh et Hache-P) devenus commerçants : Mehdi (Sami Bouajila), sorti de quinze ans de prison pour braquage, vient récupérer la part d'argent qu'ils leur doivent. Le problème, c'est qu'ils n'ont rien.

Et la plage paradisiaque de se transformer en un potentiel bain de sang.

Paradise Beach, disponible dès le 14/04 sur CANAL+CINEMA

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