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PARENTS D'ÉLÈVES, une comédie romantique moderne et attachante

Posté par Cinéma Canal le 9 juin 2021
La créatrice de la série CONNASSE (2013) continue d’explorer avec humour les bouleversements de la sphère amoureuse et familiale. Avec son chouette casting bien mené par un duo très touchant (Vincent Dedienne et Camélia Jordana), PARENTS D'ÉLÈVES est une comédie à laquelle il est difficile de résister.
Quand les parents sont pires que les enfants

C’est un moment de solitude que beaucoup de parents connaissent, celui où ils se réunissent pour la fois à l’école avec la maîtresse de leur enfant, et où ils découvrent que certains de leurs congénères en tiennent une sacrée couche. Cette situation, c’est celle que vit Vincent, le personnage joué par Vincent Dedienne au début de PARENTS D'ÉLÈVES (2020), le nouveau film de la réalisatrice et scénariste Noémie Saglio. Le hic, c’est que Vincent n’a rien à faire là. Recruté comme nouveau baby-sitter d’un des élèves (Bart), il doit remplacer la mère célibataire débordée de ce dernier à cette réunion, et donc se faire passer pour un jeune père, alors que c’est un trentenaire célibataire qui a déjà du mal à grandir et à trouver sa voie dans la vie.

D’abord exaspéré par cette communauté de parents, Vincent trouve pourtant très vite une raison de s’intégrer en la personne de Nora (Camélia Jordana), la maîtresse de Bart qui supporte avec une patience stupéfiante les remarques et questions plus ou moins pénibles de ces parents d’élèves. Il se prend à ce jeu dangereux et se montre de plus en plus présent pour accompagner les sorties scolaires de la classe, où sa personnalité d’éternel enfant fait des étincelles auprès de la maîtresse, des élèves et des parents…

Noémie Saglio, un regard acéré sur la société

Derrière ses apparences de comédie romantique qui obéit aux codes du genre, PARENTS D'ÉLÈVES fait preuve d’une vraie justesse pour capter l’air du temps et la façon dont les parents projettent leurs névroses sur leurs enfants. Et grâce à la qualité d’écriture des personnages et des dialogues, mais aussi à la compétence du casting, le film de Noémie Saglio prend vie assez naturellement et réussit son ancrage dans la réalité, contrairement à beaucoup de comédies. Dix ans déjà après son retour à l’école dans CAMILLE REDOUBLE (Noémie Lvovsky, 2011), Samir Guesmi incarne par exemple avec beaucoup d’humour un père misogyne et dont la compétitivité maladive étouffe son enfant, tandis qu’Emilie Gavois-Kahn joue le rôle de la mère qui invente mille allergies à sa fille. Mais la palme revient à l’hilarante Emmanuelle Bougerol, en maman à la ramasse et toujours à la bourre, dont le naturel et le franc-parler ne sont pas pour rien dans la réussite du film.

À côté d’eux, Vincent Dedienne régale en jeune adulte un peu perdu et à la tchatche incontrôlable, un personnage maladroit qui déconstruit avec brio le mythe toxique du séducteur viril, sûr de lui et accompli socialement. L’humoriste prouve de nouveau qu’il a un grand avenir d’acteur au cinéma, et forme un duo très réussi avec Camélia Jordana, qui elle aussi a multiplié les rôles réussis l’an dernier et n’a déjà plus à prouver qu’elle a sa place dans tous les registres de films. Elle incarne avec subtilité une maîtresse moderne à l’histoire mystérieuse, aussi attachante que le personnage de Vincent Dedienne. Notons enfin que Noémie Saglio a soigné ses seconds rôles et notamment celui de Bart, bien interprété – comme les autres enfants – par Oscar Pauleau, et dont l’histoire personnelle frappe aussi juste en faisant référence à la recomposition des modèles familiaux.

L'école, lieu de cristallisation des petits soucis de la société au cinéma

Après avoir exploré le couple gay dans TOUTE PREMIÈRE FOIS (2015), puis la grossesse dans TELLE MÈRE, TELLE FILLE (2016), Noémie Saglio s’intéresse avec PARENTS D’ÉLÈVES à un autre thème de plus en plus présent dans les comédies françaises familiales, celui des névroses des parents inquiets pour les études de leurs enfants. Très récemment, Michel Leclerc a ainsi mis en scène Leïla Bekhti et Edouard Baer en parents que tout oppose dans LA LUTTE DES CLASSES (2019), une comédie sociale où une avocate et un batteur de punk sont tiraillés entre des logiques très différentes lorsqu’il s’agit de choisir si leur enfant restera dans une école publique ou ira dans le privé, un débat toujours explosif dans l’histoire de l’éducation en France.

La même année, Stéphane Ben Lahcene a lui aussi réalisé une comédie où sont abordées les relations entre les parents et les professeurs : PREMIER DE LA CLASSE. Un jeune ado y met au point un plan élaboré avec de faux profs et un faux père, afin que son vrai père et ses vrais profs ne se rencontrent jamais et que la réalité sur son bulletin truqué ne soit jamais découverte. Dans un cas comme dans l’autre, la pression mise par les parents sur la réussite scolaire de leurs enfants est questionnée avec humour, et comme PARENTS D'ÉLÈVES, ces films ont le mérite de montrer que l’école est aussi le lieu où se cristallisent la plupart des problématiques actuelles de nos sociétés, comme le racisme et les inégalités sociales.

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