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Pour Olivier Baroux, Kad Merad est Just a Gigolo

Posté par Rosario Ligammari le 18 avril 2020
Avec Just a Gigolo, Olivier Baroux retrouve Kad Merad, son acolyte de toujours. Leur sixième film ensemble tourne en dérision jusqu'à la parodie la figure du gigolo : Kad s'en donne à cœur joie dans la peau d'un paresseux profiteur qui n'a peur de rien et surtout pas du ridicule. Comédies ou films sociaux, c'est en tout cas l'occasion pour nous de faire un petit retour sur la figure du gigolo au cinéma.
Le gigolo rigolo

On connaît la chanson Just a Gigolo. A l'origine, il s'agit d'un tango de 1929 composé par Leonello Casucci et dont le texte est de Julius Brammer ; ce morceau est depuis devenu un tube interprété aussi bien par Louis Armstrong que Village People. Aujourd'hui, Just a Gigolo (2019) est un film dans lequel Olivier Baroux retrouve son complice Kad Merad cinq ans après On a marché sur Bangkok (2014). Ce dernier y interprète Alex, un homme qui, après sa séparation, recherche à tout prix une riche héritière.

Voilà donc un sujet en or pour les anciens Kad & O : il n'y a qu'à voir la démarche tordante de Kad Mérad ; l'acteur ressemble ici moins à Richard Gere dans American Gigolo (Paul Schrader, 1980) qu'à Aldo « la classe » Maccione. Pour rester dans le sujet, l'acteur est plus proche de John Turturro dans Apprenti Gigolo (John Turturro, 2014) ou plus encore Rob Schneider dans Gigolo malgré lui (Mike Bigelow, 2005).

Un personnage de cinéma

De Boulevard du Crépuscule (Billy Wilder, 1951) au Visage du plaisir (Jose Quintero, 1961) depuis longtemps le gigolo est un personnage de cinéma. Gigolo viendrait probablement de « gigue » (jambe), à la base le gigolo étant un partenaire de danse pour les femmes seules. On peut parler de « gigolo » au sujet d'un homme qui se fait entretenir par une femme riche beaucoup plus âgée que lui, mais aussi à propos d'un prostitué. Selon cette définition, David Bowie a joué un gigolo à Berlin dans le film C'est mon gigolo (David Hemmings, 1978) ou encore Dustin Hoffman dans Macadam Cowboy (John Schlesinger, 1969), un film qui, à sa sortie, avait été classé X alors qu'il ne contient aucune scène de sexualité (soft ou un tant soit peu explicite).

Quelques réalisateurs sulfureux se sont penchés sur cette figure, comme Rainer Werner Fassbinder avec Prenez garde à la sainte putain (1971), ou Bruce LaBruce (et Rick Castro) avec Hustler White (1997). Plus récemment, le sujet a été traité sur presque six heures avec Paradis (Ulrich Seidl, 2012), une trilogie qui fait lointainement écho au long-métrage Vers le Sud (2006) de Laurent Cantet, cinéaste spécialiste des films sociaux. Paradis se déroule au Kenya et suit des Européennes qui s'y rendent pour faire du tourisme sexuel.Les gigolos du film ne sont pas des acteurs mais vendent réellement des prestations sexuelles à des sugars mamas.

Le gigolo dans le cinéma français

Il est intéressant de constater que beaucoup de réalisateurs français ont consacré des films sur cette thématique. Prenons par exemple deux anciens comédiens de la troupe du Splendid : Michel Blanc et Josiane Balasko. En ont-ils tiré des comédies ? Pas du tout. Avec Mauvaise passe (1999), Michel Blanc dépeint dans une forme quasiment documentaire l'univers des escort boys à travers les yeux du protagoniste interprété par Daniel Auteuil. Josiane Balasko quant à elle réalise avec Cliente (2008) un film sur ces femmes qui ont recours au sexe tarifé : le regard, porté par celui du personnage joué par Nathalie Baye, n'y est jamais accusateur mais toujours tendre. On pourrait encore citer Benoît Jacquot avec Corps et Biens (1986) ou L'Ecole de la chair (1998) ou encore le film Gigola (Laure Charpentier, 2011) avec cette fois-ci une « garçonne » interprétée par Lou Doillon, qui fréquente des femmes fortunées.

Dans un registre humoristique, Les Inconnus ont aussi écrit un personnage de gigolo pour Les Trois frères, le retour (Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus, 2014) : celui de Pascal, qui vit aux crochets d'une femme riche, celle-ci faisant de lui son « domestique sexuel ». Enfin, impossible de ne pas mentionner Hors de Prix (Pierre Salvadori, 2006), comédie dans laquelle le personnage d'Audrey Tautou enseigne à celui de Gad Emaleh l'art d'obtenir tout ce que l'on veut des très riches en usant de la séduction. A ce propos, elle devrait donner quelques astuces à Kad Merad dans Just a Gigolo qui a bien du mal à s'en sortir...

Just a Gigolo, disponible dès le 17/04 sur CANAL+

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