Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? : quand le rire rapproche les communautés

Posté par Rosario Ligammari le 27 Septembre 2019
Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? a été le succès qu'on connaît. Le film de Philippe de Chauveron permettait de rire (et de faire rire) sur des sujets a priori délicats : le racisme et les mariages mixtes. Avec Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon dieu ? on prend les mêmes et on recommence, pour davantage de caricatures et de tolérance.
La mixité : un sujet longtemps sensible

Quand on évoque des thèmes tels que le racisme ou une romance impossible pour cause de différences de religion ou d'origine au cinéma, on se dit que cela ne prête pas à l'hilarité. Qui dit « sujets sensibles » dit « histoires dramatiques ». En ce qui concerne la question d'affrontement entre deux familles ou deux communautés – comme cela était le cas dans Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (Philippe de Chauveron, 2014) – on peut remonter très loin, jusqu'à Roméo et Juliette (1595). Abel Ferrara a d'ailleurs tiré le film China Girl (1987), une version moderne de la tragédie de Shakespeare qui narre l'histoire d'amour entre un garçon de Little Italy et une fille de Chinatown. Spike Lee s'est beaucoup emparé de ces thèmes – un film tel que Jungle Fever fait état de l'amour et des préjugés raciaux.

Du côté du cinéma français, on se souvient de Mauvaise Foi (Roschdy Zem, 2006). Le film pouvait sembler (faussement) léger si l'on se référait à son affiche : « Elle est Juive, il est Arabe, ils attendent un enfant. Tout va bien... » Mais comme dirait Mathieu Kassovitz (réalisateur de Métisse en 1993 – pour rester dans le sujet) : « Jusqu'ici tout va bien ».

Humour, communautés et mixité

Là où tout va bien – du moins là où les choses vont mieux – c'est dans le fait de pouvoir tirer de ces sujets-là des films comiques. On rit de bon cœur, littéralement. Bien sûr la tendance n'est pas nouvelle. Au-delà de son humour mordant par l'abondance de préjugés, Les Aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury, 1973) est un film humaniste ; M. Pivert (l'impayable Louis de Funès) – qui n'aime personne à part sa France à lui – est vite ridiculisé, jusqu'à ce qu'il soit heureux que sa fille épouse un Juif.

Thomas Gilou a construit sa filmographie sur la question des communautés, en optant là encore pour le ton résolument humoristique. Le réalisateur a abordé la communauté noire avec Black Mic-Mac (1986), la communauté arabe avec Raï (1995) et bien sûr la communauté juive avec la trilogie La vérité si je mens ! (1997, 2001, 2012).

Dans le genre, on peut citer encore Tellement proches (2009) d'Olivier Nakache et Eric Toledano, sorti deux ans avant l'autre grand succès humoristique français qu'est bien sûr leur film Intouchables (2011).

Le succès de Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?

Un film « proche » du diptyque Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? pourrait être Coexister (Fabrice Eboué, 2017) ; déjà en termes de dates de sortie puisqu'il se situe entre les deux volets. Le long-métrage parle en effet de communauté et de mixité, sur un ton rigolard ; on y suit la création d'un boys band improbable composé d'un prêtre, d'un rabbin et d'un imam. Il s'agit là encore de faire rire en appuyant sans limite sur la caricature tout en faisant finalement preuve d'une grande bienveillance.

Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? reprend les mêmes personnages que le premier volet– les Verneuil et les maris respectifs de leurs filles – et les mêmes ingrédients, en allant parfois plus loin donc en étendant la question de tolérance et le savoir vivre ensemble malgré les différences. Cela prouve encore qu'on peut rire de tout le monde – et avec tout le monde. Au vu du succès de ce deuxième volet, on peut constater que les spectateurs eux aussi ont bien ri.

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