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Sœurs d'armes ou les combattantes kurdes vues par Caroline Fourest

Posté par Rosario Ligammari le 30 juillet 2020
Malgré quelques exceptions, les films de guerre sont composés d'hommes. Avec Sœurs d'armes, Caroline Fourest fait partie de ces exceptions, en rendant hommage aux soldats femmes. Son premier long-métrage de fiction met en scène des combattantes kurdes et étrangères vouées a défendre le droit des femmes esclaves de l’État islamique.
La sororité dans la guerre

Sœurs d'armes marque les débuts de Caroline Fourest au cinéma. La journaliste et essayiste signe un film à son image : engagé. Comme son titre l'indique, Sœurs d'armes aborde l'esprit de sororité dans la guerre. Kenza (Camélia Jordana) et Yaël (Esther Garrel), deux jeunes françaises, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes kurdes. C'est là qu'elles vont croiser une rescapée yézidie nommée Zara (Dilan Gwyn). Elles vont s'unir en tant que sœurs d'armes aux côtés d'autres femmes interprétées par Amira Casar, Maya Sansa, Nanna Blondell et Noush Skaugen.

En plus d'un long-métrage politique, Caroline Fourest, qui connaît son sujet en tant que journaliste militante pour le droit des femmes, signe un « vrai film de cinéma ». En effet, Sœurs d'armes aurait pu, vu son contenu fort et actuel, être un documentaire. Mais non : la réalisatrice ne délaisse pas les ressors spectaculaires ni l'émotion pure, renvoyant ainsi à d'autres films de fiction sur les femmes en guerre.

Documentaire et fiction sur les combattantes au Kurdistan

Face à ce genre de sujet, la forme documentaire peut s'y prêter, en tout cas il paraît difficile de s'aventurer sur ce terrain sans un grand travail d'investigation en amont. C'est le cas dans Les Filles du Feu (Stéphane Breton, 2018), documentaire où l'on voit des femmes qui se retrouvent aussi « sœurs d'armes » pour affronter l'État islamique au Kurdistan syrien.

Bien que toujours inspiré de documents réels (des récits de femmes captives qui avaient pris les armes au Kurdistan), Les Filles du Soleil (Eva Husson, 2018) serait en quelque sorte le versant fictif des Filles du Feu. Là encore, telle la reporter de son film, la réalisatrice s'est rendue au Kurdistan pour rencontrer dans la mesure du possible toutes les factions du côté kurde. Qu'il s'agisse du documentaire Les Filles du Feu ou de la fiction Les Filles du Soleil, ces deux films eux-mêmes mènent un grand combat : celui de la reconnaissance des femmes soldats.

Les femmes engagées dans l'armée

Il est vrai que, de Voyage au bout de l'enfer (Michael Cimino, 1979) à Platoon (Oliver Stone, 1987) en passant par Jarhead (Sam Mendes, 2005), les films de guerre sont « masculins » ; il n'y a pas de femmes, en tout cas pas sur le champ de bataille. Il y a quelques exceptions comme Jessica Chastain dans Zero Dark Thirty (Katryn Bigelow, 2012) qui joue un agent de la CIA à l'origine de l'arrestation d'Oussama Ben Laden. Bien avant encore, on pense à Sally Kellerman dans la Palme d'or 1970 MASH (Robert Altman, 1970) en infirmière de la WAC (Women's Army Corps).

On pense encore à Volontaire, à propos du parcours d'une jeune femme engagée dans la Marine Nationale. Même si cette dernière s'intègre plutôt bien dans ce milieu composé d'hommes, elle se retrouve avec un commandant de Marine très dur. Et ce film-là de rappeler alors A Armes égales (Ridley Scott 1998) où le personnage de Demi Moore tente de se faire une place chez les Marines et est elle aussi confrontée à un supérieur particulièrement dur campé par Viggo Mortensen.

Dans Sœurs d'armes, heureusement, on se sert les coudes. Pour un combat essentiel : celui de la liberté des femmes.

Sœurs d'armes, disponible dès le 16/08 sur CANAL+

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