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THE WAY BACK, le retour en grâce de Ben Affleck

Posté par Alexis Lebrun le 10 novembre 2021
Après quelques années difficiles marquées notamment par ses mésaventures dans la peau de Batman, Ben Affleck livre peut-être la meilleure performance d’acteur de sa carrière dans THE WAY BACK (Gavin O'Connor, 2020), un film dont le scénario fait évidemment écho à la vie personnelle tumultueuse de celui qui a déjà remporté deux Oscars pour WILL HUNTING (1997, meilleur scénario) et ARGO (2012, meilleur film).
Une bière dans la douche

THE WAY BACK raconte à la fois une guérison et une rédemption, celle d’un ancien grand joueur de basket universitaire, autrefois promis à un bel avenir, mais dont la carrière a été gâchée par les ravages de l’alcool. Au début du film, Jack Cunningham (Ben Affleck) travaille sur un chantier, où comme dans sa voiture, chez lui ou au bar, il s’enfile quotidiennement le gin ou la bière comme de l’eau. Ses cannettes le suivent même jusque dans sa douche, posées à côté du savon. L’alcool a aussi eu la peau de son mariage, et son ex-femme vit désormais avec quelqu’un d’autre. Bref, notre personnage principal est au fond du trou, jusqu’à ce qu’on lui propose de reprendre le poste d’entraîneur de l’équipe de son lycée, où l’attend un défi de taille.

Les élèves ont effet déserté le basket à cause des piètres résultats de l’équipe, qui ne gagne jamais et ne s’est pas qualifiée une seule fois pour les play-offs depuis le départ de Jack. Ce dernier prend donc la tête d’une équipe où l’on compte quelques bras cassés, mais aussi un meneur très talentueux, pour en faire de vrais champions, dans la grande tradition de beaucoup de films américains sur des entraîneurs sportifs (voir plus bas). Pourtant, THE WAY BACK ne se classe pas aussi facilement dans cette catégorie, puisqu’au-delà de quelques jolies scènes de matchs qui raviront les amateurs de basket, la force motrice du film est incontestablement le parcours personnel chahuté de l’entraîneur, et non son équipe.

Un rôle quasiment autobiographique pour Ben Affleck

L’acteur et réalisateur américain ne s’en cache pas vraiment : il connaît plutôt bien les problèmes d’alcoolisme de son personnage. Ses séjours répétés en cure de désintoxication et le long délitement de son mariage (2005-2018) avec l’actrice Jennifer Garner ont fait les choux gras de la presse people, dont il est l’une des cibles préférées depuis ses débuts. Courageusement, Ben Affleck n’a pas hésité à évoquer sa dépendance à l’alcool lors de plusieurs interviews récentes, qui aident à comprendre comment le rôle qu’il incarne dans le long-métrage de Gavin O'Connor a pu être cathartique pour lui.

On peut d’ailleurs voir THE WAY BACK comme un film méta sur les démons intérieurs de l’acteur, dont la rechute faisait encore la une des tabloïds au début du tournage en 2018. Heureusement, Affleck a pu compter non seulement sur l’aide de sa désormais ex-femme, mais aussi sur la confiance du réalisateur américain avec qui il avait déjà travaillé en 2016 sur MR. WOLFF. Ce mélange de thriller et d’action (où il incarne un comptable autiste) avait rencontré un succès surprise au box-office, à une époque où la carrière hollywoodienne de l’acteur n'était pas au mieux.

L’entraîneur de basket, un intournable du cinéma américain

Gavin O'Connor est aussi connu pour ne pas être un manchot en matière de films sur le sport, puisqu’en 2004, il a brillé en racontant dans MIRACLE l’histoire de l’équipe de hockey américaine aux JO de 1980, avant de récidiver en 2011 avec le musclé WARRIOR, où deux frères se préparent à s’affronter dans un tournoi de MMA (arts martiaux mixtes). Mais parmi les films sur les sports rois aux Etats-Unis, ceux où le personnage principal est un entraîneur qui mène une équipe de basketteurs à des résultats improbables est un grand classique d’Hollywood. On pense bien sûr à COACH CARTER (Thomas Carter, 2005), où Samuel L. Jackson incarnait un entraîneur ayant vraiment existé, l’intransigeant Ken Carter, qui exigeait de ses joueurs issus de quartiers pauvres qu’ils obtiennent de bons résultats dans d’autres matières que le sport, n’hésitant pas à déclarer forfait et à interrompre la série d’invincibilité de son équipe pour atteindre cet objectif.

Toujours dans la catégorie « basé sur une histoire vraie », LES CHEMINS DU TRIOMPHE (James Gartner, 2006) s’intéresse lui à l’histoire de l’entraîneur Don Haskins (Josh Lucas dans le film), le premier à avoir fait jouer cinq noirs pour une finale du championnat universitaire NCAA en 1966, dans l’Etat très conservateur du Texas. Dans un autre style, BLUE CHIPS (William Friedkin, 1994) a permis de retrouver le joueur alors en activité Shaquille O'Neal aux côtés de Nick Nolte, dans le rôle de l’entraîneur universitaire sous pression, qui cède à la tentation d’une pratique interdite pour obtenir des résultats, avant de faire acte de contrition. Enfin, on a gardé le meilleur pour la fin, avec HOOSIERS (David Anspaugh, 1986), un des meilleurs films sur le sujet du sport, et plus spécifiquement du basket. L’intrigue est très proche de celle de THE WAY BACK puisque Gene Hackman incarne lui aussi un ancien entraîneur alcoolique qui tente de mener à la victoire l’équipe d’un petit lycée de l’Indiana. Dans ce film culte, Dennis Hopper joue également un entraîneur alcoolique, ce qui lui rapportera une nomination pour un Oscar. Un honneur que Ben Affleck aurait aussi mérité cette année.

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