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TIJUANA BIBLE, une plongée saisissante dans l’enfer de TJ

Posté par Cinéma Canal le 26 juillet 2021
Fasciné depuis des années par celle qui a souvent été qualifiée de ville la plus dangereuse du monde, le réalisateur français Jean-Charles Hue en donne une vision radicale et cauchemardesque dans TIJUANA BIBLE (2020), son premier long-métrage avec un casting international.
Apocalypse Now

Visage émacié et caché derrière sa barbe crasseuse, le vétéran américain Nick Wilson traîne sa misère et sa carcasse décharnée dans le coupe-gorge de Tijuana, à la frontière avec la Californie. Marqué à vie par sa dernière mission en pays étranger pour l’oncle Sam, il se réfugie dans la drogue au milieu des autres marginaux rejetés par les Etats-Unis dans la « Zona Norte », le quartier rouge de la ville où les cartels et la prostitution font tourner l’économie locale. Le quotidien très glauque de Nick est chamboulé lorsqu’il fait la rencontre d’Ana, une Mexicaine qui cherche à retrouver son frère disparu (Ricardo) par tous les moyens. D’abord persuadé qu’il a sombré comme lui dans la drogue, Nick est contacté par les narcotrafiquants, qui lui demandent d’éloigner Ana de la ville et de leurs affaires.

Mais la jeune femme est têtue et parvient à le convaincre de lui venir en aide, point de départ d’une quête hallucinée et ô combien périlleuse – évoquant souvent le APOCALYPSE NOW de Francis Ford Coppola (1979 – qui va les mener dans les bas-fonds d’une ville en ébullition permanente, où il vaut mieux ne pas poser trop de questions. Pour donner vie à ces deux âmes en peine et en quête de rédemption, il fallait un duo de choc, et Jean-Charles Hue a été bien inspiré de faire confiance à Paul Anderson, échappé de la série PEAKY BLINDERS (Steven Knight), et totalement engagé dans ce rôle exigeant, aidé il est vrai par un physique qui colle parfaitement à son personnage. À ses côtés, il retrouve l’actrice mexicaine Adriana Paz, vue notamment dans le plan-séquence mémorable qui ouvre le James Bond SPECTRE (Sam Mendes, 2015).

Tijuana, une ville hyper exploitée au cinéma

Fin connaisseur de la ville, Jean-Charles Hue a tourné TIJUANA BIBLE dans des conditions forcément particulières, compte tenu de la méfiance naturelle des cartels vis-à-vis de tout ce qui ressemble à une caméra. Mais le cinéaste français n’a pas froid aux yeux, puisqu’il avait déjà tourné à de nombreuses reprises dans la ville, avant de s’intéresser aux communautés yéniches dans LA BM DU SEIGNEUR (2011) et MANGE TES MORTS (2014). Ce fut le cas en 2009 pour son premier long-métrage, CARNE VIVA, malheureusement jamais sorti au cinéma. Heureusement, il a eu plus de réussite récemment avec son court-métrage TIJUANA TALES (2016), sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2017. Et avant TIJUANA BIBLE, il était déjà revenu dans la ville avec le moyen-métrage documentaire TOPO Y WERA.

Mais Jean-Charles Hue est évidemment loin d’être le seul à avoir une fascination pour Tijuana, puisque malgré sa dangerosité, elle a inspiré son lot de films marquants. Le plus célèbre est sans doute le chef-d’œuvre TRAFFIC (Steven Soderbergh, 2000), mais on peut citer aussi BABEL (2006) d’Alejandro González Iñárritu, ou MISS BALA (Gerardo Naranjo, 2011) et son remake américain éponyme signé Catherine Hardwicke en 2019. Quant à Todd Philips, il est l’un des rares à avoir osé tourner des scènes de comédie sur place, avec le dernier volet de la trilogie VERY BAD TRIP, sorti en 2013. On doute que Jean-Charles Hue se laisse aller à en faire de même un jour, mais quelque chose nous dit en revanche qu’il n’en a pas fini avec son exploration des quartiers chauds de Tijuana.

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