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Un amour impossible, dans la grande tradition des tragédies sentimentales

Posté par Rosario Ligammari le 3 décembre 2019
Avec sa trame contenue dans le titre, Un amour impossible reprend l'une des plus grandes thématiques de la tragédie littéraire et du mélodrame cinématographique. Dans le film de Catherine Corsini, les obstacles à l'amour sont incarnés par la différence de classe sociale.
L'amour (impossible) depuis toujours

En littérature comme en cinéma, on le sait depuis au moins Roméo et Juliette (William Shakespeare, 1595) : les histoires d'amour impossible sont celles qui donnent les meilleures histoires. Pour preuve encore, l'un des plus grandes romances littéraires (signée Margarett Mitchell et publiée en 1936) a donné l'un des plus grands films d'amour de tous les temps : Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1950).

De La Belle et la Bête (du film de Jean Cocteau en 1946 à ses différentes adaptations) aux Liaisons dangereuses (du film de Roger Vadim en 1960 à ses diverses déclinaisons), tous les classiques en attestent : il n'y a que des chemins semés d’embûches et d'obstacles coriaces dans lesquels les personnages tombent (amoureux).

Amour littéralement impossible

Tiré là encore d'un livre (de Francis Scott Fitzgerald publié en 1922), L’Etrange histoire de Benjamin Button (David Fincher, 2009), raconte une histoire littéralement – et cinématographiquement – impossible. Né vieux, ledit Button rajeunit avec le temps, jusqu'à redevenir un enfant ; les personnages ne peuvent que « se croiser » dans leurs vies. Et si leur amour est « possible », leur relation ne peut être qu'éphémère. Dans Love (Gaspar Noé, 2015), l'histoire d'amour est impossible pour des motifs temporels liés au montage : constitué de flash-back, quand le film démarre, la romance est terminée.

Beaucoup d' histoires d'amour impossible ne se contentent pas de raconter une passion tourmentée ; elles donnent en réalité un aperçu des mœurs de l'époque, voire elles en dessinent le reflet. Même s'il s'ancre en 2025, Her (Spike Jonze, 2014) nous parle d'aujourd'hui à travers cet homme qui tombe amoureux de son système d'exploitation OS1. Sans être discursif ni moraliste, le film raconte comment la technologie peut prendre le pas sur l'humain, y compris au niveau des sentiments.

Les obstacles de l'amour

L'impossibilité de l'amour – du moins l'amour et ses obstacles – peut naître à cause d'une orientation sexuelle mal acceptée par certaines sociétés : c'est le cas de l'histoire passionnée entre les deux cow-boys de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2006). Toujours d'un point de vue sociétal, l'amour peut connaître d'autres difficultés à cause d'une différence de couleur de peau ou de rang social avec Loin du Paradis (Todd Haynes, 2003) ou Loving (Jeff Nichols, 2017).

Adapté du livre de Christine Angot (paru en 2015) et se déroulant à la fin des années 50, Un amour impossible (Catherine Corsini, 2018) semble, quant à lui, synthétiser toute cette thématique dans son titre. En réalité, on peut classer cette histoire dans la catégorie de celles qui ne sont pas envisageables pour des raisons de classe sociale. En effet, Rachel (interprétée par Virginie Efira) est une modeste employée de bureau quand Philippe (Niels Schneider) est, lui, issu d'une famille bourgeoise et un tantinet pervers narcissique. S'il aime à la conserver sous sa coupe, ce dernier refuse de se marier avec elle, qui n'est pas de sa classe. Ne dit-on pas pourtant que l'amour est plus fort que tout ?

 

Un amour impossible, disponible dès le 10/12 sur CANAL+

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