UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN : coup de projecteur sur le premier film de Sandrine Kiberlain

Posté par Aurelien BACOT le 31 janvier 2022
Pour son premier passage derrière la caméra et son premier long, l'actrice et désormais réalisatrice Sandrine Kiberlain a choisi un sujet aussi intime qu'universel. Celui de l'amour au temps du péril, en l'occurrence celui de la Seconde Guerre mondiale. Pour porter cette histoire dans laquelle le drame de l'époque côtoie, tout en subtilité, les délicieux marivaudages de la scène, Sandrine Kiberlain a convié face à sa caméra une actrice époustouflante, toute droite venue de la Comédie Française : Rebecca Marder. Il n'en fallait pas plus pour décider Laurie Cholewa à inviter ce talentueux tandem sur son plateau, afin de tout savoir sur la genèse et la sortie de ce très convaincant premier long métrage : UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN.

Immersion subtile, à la fois dans les tourments d'une époque et dans la psyché d'une jeune femme en pleine éclosion, le long métrage de Sandrine Kiberlain est littéralement habité par la prestation de Rebecca Marder. À qui Laurie Chowela a donc logiquement posé la question qui est sur toutes les lèvres, est-ce que cette jeune fille va si bien ?

"Oui je crois qu'elle va bien. Elle est à cet âge de tournant, l'âge de tous les possibles. Et en même temps elle n'est pas écervelée. Malgré son côté volubile elle n'a pas d’œillères. Elle est consciente de ce qui se passe puisqu'elle somatise aussi beaucoup la période et les événements par des malaises et des évanouissements. Mais sinon elle va très bien, elle vit son premier amour, elle a la chance d'avoir une passion : le théâtre. Je pense que quand on a une passion, que ce soit l'amour ou l'art, on va bien !"

En se concentrant sur le point de vue de cette jeune fille, Sandrine Kiberlain a opté pour un parti pris de mise en scène aussi fort qu'audacieux, sur lequel elle revient pour nous au micro de Laurie : 

"Comment raconter cette période que l'on a tant vue et revue sans la montrer. On ne voit rien de plus que ce qu'elle veut voir elle. Donc on ne voit pas la guerre, on ne voit pas d'éléments qui pourraient être réducteurs par rapport à sa joie de vivre. Et c'est par sa joie de vivre, que l'on ressent une inquiétude encore plus vive pour ce qui pourrait lui arriver et que les choses changent pour elle. Car rien ne devrait changer cet élan."

Passée pour la première fois derrière la caméra en 2016 avec son court métrage BONNE FIGURE, Sandrine Kiberlain retente l'expérience cette fois aux commandes d'un long. On n'a donc pas pu s'empêcher de l'interroger sur les motivations qui l'ont poussée à relever ce défi :

"Je pense qu'à force d'être actrice sur un plateau, je découvrais au fur et à mesure que j'avançai sur les films ce qui se passe aussi derrière la caméra. Et à force aussi de rentrer dans l'univers des autres, ce qui est mon métier et que j'adore faire, j'ai eu aussi envie à un moment de raconter mon point de vue à moi. J'ai commencé par un court métrage, car je ne savais pas si j'étais à ma place à cet endroit-là. Et j'ai surtout attendu d'avoir quelque chose à raconter. On peut raconter cent fois la même histoire, mais ce qui compte c'est évidemment le parti pris fort, si on en a un dans la tête."

Autre enjeu de taille pour une jeune réalisatrice, le choix de sa comédienne principale, particulièrement pour ce personnage sur lequel repose quasiment tout le film. Ce choix qui s'est porté sur Rebecca Marder a-t-il été immédiat, a-t-il été une évidence, Sandrine Kiberlain a répondu pour nous à toutes ces questions au micro de Laurie :

"Moi c'était ma peur. Quand vous écrivez un personnage qui porte tout le film et qui doit à la fois être intemporelle et à la fois qui doit être une héroïne, en même temps drôle et en même temps mobile, et en même temps qu'on ait pas envie de la quitter... Il fallait que je trouve ça. J'ai vu une trentaine d'actrices très bonnes et quand je rentrais chez moi, je me disais : non c'est pas elle ! Je ne la trouverai jamais. C'est comme une histoire d'amour, on peut avoir tout bon sur le papier et puis on ne le trouve pas. A son arrivée dans le bureau, Rebecca a posé son sac et je me suis dit : j'adore comment elle pose son sac ! J'ai envie de filmer comment elle pose son sac. J'ai envie de passer outre le personnage qu'elle est devenue, je voulais passer du temps avec elle. Et en fait c'est ça qu'il fallait : la connaître."

Autant vous dire que le pari de Sandrine Kiberlain se révèle gagnant, tant cette jeune actrice issue de la Coémdie Française nous transporte et nous fait vibrer au rythme d'une partition impeccablement composée par sa réalisatrice. D'une modernité rafraichissante, cette JEUNE FILLE QUI VA BIEN délivre avec délicatesse son message subtil : de l'importance de la légèreté pour affronter la gravité et mieux resister ! 

Alors n'attendez pas et foncez découvrir ce premier long métrage enthousiasmant de Sandrine Kiberlain actuellement en salles.

 

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