VANISHING, un polar français à la coréenne

Posté par Marc Larcher le 4 avril 2022
Avec ce thriller se déroulant à Séoul, le réalisateur français Denis Dercourt emmène le spectateur au cœur d’un réseau de trafiquants d’organes. Avec comme guide la surprenant ex James Bond girl, Olga Kurylenko.
Un hommage aux meilleurs polars asiatiques

C’est un polar autant français que coréen, œuvre d’un réalisateur français Denis Dercourt qui s’est inspiré de nombreux enseignements du cinéma coréen. La Corée du Sud a en effet prouvé au monde ces dernières années qu’elle maîtrisait comme personne la fabrication des thrillers urbains. Dès les premières images, on pense à l’inoubliable MOTHER de Bong Joon-Ho (2009), au violent OLD BOY de Park Chan-Wook (2003) et même à l’oscarisé PARASITE de Bong  Joon-Ho (2020). Encore une fois, la formule est imparable : une affaire complexe de meurtres et de cadavres, un sous-texte social et politique effroyable – le trafic international d’organes -, des acteurs pour la plupart méconnus au sommet de leur forme et une atmosphère plus qu’inquiétante. Surtout, malgré une histoire particulièrement complexe, VANISHING ne s’embarrasse pas du superficiel et va à l’essentiel : en moins d’une heure et demi, le spectateur est transporté aux quatre coins d’un inquiétant labyrinthe.

Enquête complexe sur un trafic d’organes

Tout commence avec un homme mutique et étrange qui transporte de très lourdes valises dans sa voiture pour les livrer dans un parking d’où un autre individu ressort avec une boîte médicalisée transportant un organe très rare en bonne santé. Au même moment sur l’écran d’ordinateur d’un hôpital de Séoul apparaît un message annonçant la disponibilité pour une possible greffe d’un foie en provenance de Djakarta. C’est le premier niveau du récit de VANISHING. Assez vite, on en découvre un second, tout aussi inquiétant, la police, en la personne de l’inspecteur Park, s’inquiète de l’apparition de cadavres, dont la mort reste inexpliquée. Seul indice, ils sont morts sous anesthésie mais pas à cause de celle-ci. Face à ce mystère, le médecin-légiste avec qui il travaille a décidé de faire appel à une experte française présente en Corée pour un colloque. C’est à ce moment que commence le troisième niveau de récit, Alice Launey, va faire équipe avec le policier pour résoudre l’enquête, ce qui va faire remonter en elle de troublants souvenirs. Voilà, ces différentes histoires vont peu à peu se croiser, se rencontrer et se fondre les unes dans les autres. Avec au centre, une actrice franco-ukrainienne beaucoup vue mais qu’on connaît finalement assez peu et à qui les films ont rarement donné autant de place : Olga Kurylenko. Elle est d’ailleurs une des rares James Bond girls (découverte dans QUANTUM OF SOLACE de Marc Foster en 2008) à avoir réussi à faire oublier sa plastique pour mettre en avant son jeu d’actrice.

Un pari international réussi

Pour autant, le film de Denis Dercourt n’oublie pas une dimension essentielle : l’action, les tensions, la nervosité qui font le sel des polars asiatiques urbains. On retrouve donc la pègre coréenne, peu décrite jusqu’à présent sur grand écran, un personnage menaçant d’homme de main, des scènes nocturnes haletantes, une trahison inattendue et un suspense inquiétant dans la mesure où la vie d’un enfant va entrer en jeu au cours de l’intrigue. En un mot, Dercourt réussit ce numéro de haute voltige, tourner un film en coréen, français et anglais sur un prestigieux territoire de cinéma et rappelle à cette occasion qu’un de ses films précédents, portait justement le nom EN EQUILIBRE.

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