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À droite sur la photo : Jean-Paul II a-t-il fait chuter le Mur de Berlin ?

Qui se souvient que Karol Józef Wojtyła avant de devenir pape a été résistant, contre le nazisme puis le communisme ? Étudiant en lettres à Cracovie en 1940, il a subi de plein fouet l’occupation. Pendant quatre ans, il est forcé de travailler dans une carrière de pierres, puis une usine.

Ce dur labeur ne l’empêche pas de s’opposer au régime, entrant au séminaire clandestin pour devenir prêtre. Une entreprise dangereuse : les Allemands ne sont pas tendres avec les catholiques.

Une fois la Pologne libérée, elle passe sous l’influence des Soviétiques, qui ne voient pas non plus la religion d’un bon œil.

Karol Wojtyła se trouve alors confronté à « une occupation aussi violente », selon le cardinal Stanisław Jan Dziwisz, narrateur de cet épisode d’À droite sur la photo, qui deviendra plus tard son secrétaire. Les prêtres sont emprisonnés, ou pire.

Devenu évêque, puis archevêque, Karol Wojtyła entend bien continuer à résister. En 1963, il célèbre la messe de Noël dans la cité prolétarienne modèle de Nowa Huta, à Cracovie (dépourvue d’église), au milieu des barres HLM. Un symbole fort, qui attire l’attention sur lui.

Le pouvoir le met sur écoute, lui qui depuis Cracovie ou Rome, soutient toutes les manifestations, ainsi que ce qui deviendra Solidarność, le syndicat de Lech Wałęsa, alors que les arrestations d’opposants se succèdent.

En 1978, à 58 ans, il est élu pape. Un souverain pontife issu du bloc communiste ? La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Comme ses discours, notamment celui du 2 juin 1979, en Pologne, dans lequel Jean-Paul II redonne du baume au cœur à ses ouailles.

Et inquiète Moscou. Le nouveau pape va-t-il changer les choses ? « On a vu la première lézarde dans le mur de Berlin » dit Bernard Lecomte, un de ses biographes, dans le documentaire.

N’abandonnant pas ses compatriotes, le pape garde le contact avec les croyants de l’Est, médiatise ses actions (avec Radio Vatican), voyage, calme le jeu lors des affrontements, soutient les opposants. En un mot, il déstabilise doucement mais sûrement le pouvoir communiste. Le tout, avec l’aide discrète de l’administration Reagan.

En 1981, il est même victime d'une tentative d'assassinat place Saint-Pierre (photo).

Son influence dans l’affrontement Est-Ouest, jusqu’à la chute du Mur de Berlin en 1989, sera déterminante. « Tout ce qui s'est passé en Europe orientale […] n’aurait pas été possible sans la présence de ce pape », dit Gorbatchev.

Modeste, Jean-Paul II déclarera de son côté que c’est grâce à la sainte Vierge…

Série documentaire À droite sur la photo, en ce moment sur PLANÈTE+.