Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Annie Girardot selon son cœur, un documentaire émouvant sur l’actrice

Elle avait deux visages : celui de la comédie et celui de la tragédie. Et excellait pareillement dans les deux domaines. « La dérision et le drame étaient dans le même lit, et c’était un tout petit lit », dit Michel Boujenah.

C’est ce que soulignent également la plupart des intervenants – acteurs, réalisateurs, sa biographe, sa petite-fille… – interrogés dans le documentaire Annie Girardot selon son cœur, réalisé par Frédéric Zamochnikoff, consacré à l’immense actrice disparue en 2011.

On y revient sur le parcours de la Parisienne, née en 1931, qui souhaitait d’abord suivre des études d’infirmière, pour devenir sage-femme comme sa mère.

Mais qui, très vite, s’est tournée vers la comédie, s’inscrivant à l’école de la rue Blanche, puis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dont elle ressort diplômée avec les honneurs.

Sa carrière décolle tout de suite : elle est engagée par Cocteau (qui trouve qu’elle a un tempérament de tragégienne) dans le rôle principal de sa pièce La Machine à écrire, en 1956, ainsi qu’à la Comédie-Française.

C’est alors qu’Annie Girardot adopte sa fameuse coupe courte, sur les conseils de Cocteau. « Cela a vraiment révélé sa personnalité : celle d’une femme, mais d’une femme qui en avait », sourit sa petite-fille, Lola Vogel, dans le documentaire.

Et il faut en effet avoir de la personnalité pour démissionner de la Comédie-Française, qui lui demande de choisir entre le cinéma et le théâtre…

Au fil des films (comme Rocco et ses frères de Visconti, avec Alain Delon, 1960), l’actrice devient une vedette. Elle impressionne les réalisateurs et metteurs en scène de théâtre avec lesquels elle travaille, parmi lesquels Roger Vadim, Marcel Carné, Claude Lelouch, Michel Audiard, Claude Pinoteau (pour qui elle tourne La Gifle avec Lino Ventura)… Mais la Nouvelle Vague, elle, la boude, ce qui l’attriste.

En 1971, le film Mourir d’aimer, d’André Cayatte, fait d’elle une vedette ultra populaire. Inspiré d’une histoire vraie, il met en scène une histoire d’amour entre une professeur (Annie Girardot, donc, magistrale) et son élève, qui tourne très mal.

Puis elle forme un couple de cinéma avec Philippe Noiret, de La Vieille Fille (1971) à On a volé la cuisse de Jupiter (1980). Mais, quoi que très populaire et respectée par le milieu, l’actrice a aussi ses traversées du désert.

Dans les années 1980, avec Bob Decout, elle se lance dans un spectacle musical, et se met en tête de rénover le Casino de Paris. Pour cela, elle hypothèque son appartement. Mais le spectacle est un fiasco…

Cela ne l’empêchera pas de continuer à tourner, de remporter des Césars, dont deux César de la meilleure actrice dans un second rôle, pour Les Misérables (1996) et La Pianiste (2002).

Touchée par la maladie d’Alzheimer dans les années 2000, la comédienne continuera de tourner, avec une oreillette, en gardant sa gouaille habituelle.

Elle laisse derrière elle 122 films. « Elle a vécu, elle a joué et elle a aimé comme elle était. Elle était vraie », dit sa petite fille. Un documentaire émouvant sur une icône éternelle du cinéma français.

Annie Girardot selon son cœur, Documentaire, 53 minutes, à voir sur CINÉ+.