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Comme un seul homme, un doc en immersion avec le navigateur Éric Bellion

Éric Bellion aurait sans doute des leçons à nous donner pour surmonter un confinement : il est navigateur. En 2016, le Français s’est lancé dans la mythique course du Vendée Globe, ce long tour du monde (40 075 km) à la voile en solitaire, sans escale ni assistance, qui démarre des Sables d’Olonnes.

Lui qui avait peu d’expérience de navigation seul a tenu bon durant 99 jours, isolé sur son bateau, face à lui-même, à sa peur, sa souffrance, et aux éléments. Une expérience très éprouvante.

Tous les jours, il s’est filmé et confié sans réserve à la caméra. Et en a tiré un documentaire, Comme un seul homme, en forme de journal de bord intimiste, qui montre tout ce que le public n’est pas censé voir.

Alors qu’on a l’habitude de découvrir les navigateurs débarquant, triomphants, sur la ligne d’arrivée, Éric Bellion dévoile les 99 jours d’avant, de galères en tout genre, de mer démontée, de désespoir, de pétage de plombs. Et d’incertitude.

Car pendant longtemps, le marin, éprouvé par le grain, phénomène météorologique redouté des voiliers, est rongé par le doute. Il pense cent fois abandonner, n’a pas le moral.

Livide sur sa couchette dans la coque, les traits tirés, au bout du rouleau, il s’interroge face caméra : « Ça fait trois jours que je ne dors pas. C’est horrible. Je me sens tellement faible. Est-ce qu’en me sentant faible, je peux continuer ? Je ne sais pas… »

Mais plus les jours passent, et plus le skipper prend confiance en lui et en son bateau, avec lequel il finit par faire corps. Malgré les difficultés, il prend tout de même du plaisir. Entre larmes de désespoir et de joie, le solitaire fait sans cesse le grand écart émotionnel, exultant quand il arrive à passer le cap Leeuwin (Australie), dansant sur le très adapté morceau « Around the World » de Daft Punk, ou hurlant quand son matériel lui fait défaut.

Même s’il est bien occupé par la navigation, il se sent terriblement seul, malgré les messages qu’il reçoit, et les quelques mots échangés à la radio avec ses concurrents. « La solitude me pèse. J’en ai marre, mais je n’ai pas le droit de me plaindre », lâche-t-il.
Un documentaire émouvant, en immersion complète dans la tête d’un navigateur.

Comme un seul homme, Documentaire, 1h18, à voir en ce moment sur PLANÈTE+ AE.