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Covidwood, dans les coulisses d’Hollywood à l’ère du Covid

Comment continuer à faire des films en temps de pandémie ? Pour répondre à cette question, le documentaire Covidwood, l’année où Hollywood s’arrêta, nous emmène dans les studios de Hollywood, en Californie, dont les activités ont cessé du jour au lendemain à cause du Covid-19.

Un séisme sans précédent, qui a plongé tous les acteurs du septième art dans une grande « panique ». Didier Allouch, correspondant de CANAL+ à Los Angeles, est allé à la rencontre de professionnels (producteurs, réalisateurs, exploitants, journalistes spécialisés…) de l’industrie du rêve, bien forcés de se réinventer.

Conséquence la plus immédiate et visible de l’épidémie : la fermeture des salles de cinéma (ci-dessous, le Chinese Theatre). « On pensait que ça durerait un mois ou deux. Et nous voici, un an après », rit (jaune) un directeur de salles, qui a pu « tenir » grâce à sa trésorerie mise de côté et aux aides gouvernementales.

D’autres ont été moins chanceux : la crise a coûté 92 000 emplois à l’industrie du cinéma, dont 50 000 rien qu’à la Cité des anges. Mais a aussi permis le retour en grâce d’une pratique tombée en désuétude, celle du drive-in, nous explique le documentaire.

Alors qu’il ne restait plus que 305 cinémas en plein air aux États-Unis, les spectateurs se sont rués en masse vers ces projections à voir depuis sa voiture, en toute sécurité.

S’adapter : c’est aussi ce que l’industrie du cinéma tout entière a dû faire, face à l’épidémie. Avec des procédures sanitaires (photo ci-dessous) très poussées lors des tournages, en premier lieu, mises en place en concertation avec les syndicats.

Mais également avec une chronologie des médias bouleversée comme jamais. Certains studios ont ainsi fait le choix de sortir leurs films en VOD, alors que les salles étaient fermées (un contexte qui a permis aux plateformes de streaming de devenir prédominantes).

Comme Tenet, qui n’a pas pu être projeté dans les deux plus gros marchés américains, New York et Los Angeles. Aux États-Unis, le blockbuster de Christopher Nolan a engrangé un chiffre d'affaires décevant. « Si même Nolan n’arrivait pas à s’en sortir… Nous avons tous compris que ça n’irait pas », analyse une experte du secteur.

Alors, d’autres studios ont fait le choix d’attendre, préférant sortir leurs films quand les salles seraient enfin ouvertes. À l’image du bien nommé Mourir peut attendre, le dernier James Bond.

Au-delà des grosses productions, certains longs métrages au budget plus modeste ont réussi à tirer leur épingle du jeu en 2020. Comme le succès surprise Songbird d’Adam Mason, qui met en scène un monde post-covid…

Le virus a en effet engendré un nouveau genre de films, nous explique le documentaire : les « covid movies », entre thrillers fauchés se déroulant sur Zoom ou films d’horreur du monde d’après.

Le monde d’après, justement, l’industrie du cinéma, toujours dans l’incertitude, ne sait pas trop à quoi il ressemblera. Une chose est certaine, pour les professionnels : il y aura un avant et un après, avec des films pré-pandémie qui semblent déjà datés, pour le producteurs Jason Blum : « Cette expérience va changer la teneur des histoires. » Réponse prochainement dans les salles obscures…

Covidwood, l’année où Hollywood s’arrêta, Documentaire, 52 minutes, en ce moment sur CANAL+.