KISSTORY, la folle histoire du groupe le plus dingue

Posté par Marc Larcher le 31 janvier 2022
Pour fêter ses presque 50 ans, le groupe KISS s’offre un documentaire fouillé sur son histoire mouvementée. Sexe, drugs and rock’n roll pour de vrai…
Des monstres sur scène

Les énormes bottes en cuir à talons compensés sont là, les cheveux sont longs et noirs comme le maquillage couvrant presque entièrement le visage des quatre hommes. Avec leurs costumes de cuir et les effets pyrotechniques qui les entourent, ils semblent géants sur la scène du stade de Vancouver au Canada. Dès les premières minutes du documentaire, l’« effet KIss » est évident : une plongée immédiate dans le hard rock festif, dans la puissance du son et de l’image, dans l’héritage intact des années 70 gonflé avec des moyens colossaux.

La revanche des parias juifs new-yorkais

Puis le film fait une brusque plongée dans le passé car la légende de Kiss vient de loin, d’Israël notamment où est né le leader et bassiste Gene Simmons, exilé avec sa mère à New York après l’abandon de son père. Paul Stanley, le chanteur, compositeur et guitariste rythmique est né lui aussi dans la pauvreté, un des rares enfants de confession juive dans le quartier new-yorkais du Queen’s. Comme il le dit lui-même : « J’ai grandi avec des gens qui avaient des numéros tatoués sur le bras », référence aux immigrés qui avaient fui l’Allemagne nazie pour se réfugier dans le melting-pot de New York. Manque de chance, il est né partiellement sourd avec une oreille droite malformée, il est moqué par les autres enfants. « Avec Gene, nous étions des marginaux pour des raisons différentes et la musique a été une échappatoire», explique-t-il. Le poste de radio est leur meilleur ami, les ados écoutent Chuck Berry, Fats Domino et les Beatles. Le virus du rock les a pris et ne les lâchera jamais. Depuis leurs répétitions dans un studio de Chinatown jusqu’à leur ascension stratosphérique, le documentaire explore leur carrière, les relations parfois houleuses entre les deux hommes, autant que le New York crado, violent et créatif des années 70. Surtout, il insiste sur un faux départ, pas satisfait de leurs chansons, les deux compères lâchent leur premier groupe malgré la signature d’un juteux contrat. Ils savent qu’ils doivent prendre une autre direction et recrutent les deux autres membres de Kiss sur petites annonces comme cela se faisait beaucoup à l’époque. Le film explique également d’où vient la formule qui a fait d’eux des stars : « La somme de nos talents était bien meilleure que nos individualités ».

Une armée de fans dans le monde

Et pourquoi un tel maquillage ? Pour ne pas ressembler à leurs concurrents des New York Dolls, pour s’inspirer du film « Le Fantôme de l’Opéra » et incarner tout ce qu’ils n’étaient pas dans la vraie vie. Le succès viendra de tournées dans le Midwest où ils deviendront pour les jeunes se sentant prisonniers de régions aux valeurs conservatrices « le groupe des classes laborieuses ». Sans titre passant à la radio, le groupe et la maison de disques Casablanca sont, malgré les tournées fructueuses, au bord de la faillite. Heureusement, des fans dans l’Indiana menacent de prendre d’assaut une radio locale si elle ne diffuse pas leurs chansons : la Kiss Army, leur légion de fans maquillés comme eux est née.  Sans trop révéler le contenu de ce doc de près d’une heure et demi, il y est également question de la mafia, de dettes, de « casser les jambes » du bassiste. Bref, de tout ce qui fait de ces musiciens un groupe devenu légendaire - un livre retraçant leur histoire pèse plus de 4 kilos ! - et qui a prévu de s’arrêter de tourner en 2023. Soit pile 50 ans après leurs débuts…

 

KISSTORY, un documentaire disponible sur CANAL+ et myCANAL